jeudi 20 août 2009
Les camps nazis où vécurent l'enfer nos indigènes résistants déportés:07 en FRANCE le camp de Brens pour FEMMES de 1940-1945
UN CAMP DE CONCENTRATION POUR LES FEMMESLe 1er septembre 1939, l’attaque de la Pologne par le Reich allemand ouvre les hostilités.Dans les tous premiers jours du mois d’octobre, l’ordre est donné aux préfets du sud de la France de faire face à l’arrivée éventuelle des réfugiés.Ainsi les autorités préfectorales tarnaises réquisitionnent le 16 octobre 1939 au sud de Gaillac dans la commune de Brens, une propriété de près de 2 hectares appartenant au comte de Noblet.Une situation géographique proche des départements de la Haute-Garonne, du Tarn et des liaisons faciles vers Montauban, des possibilités de dessertes fluviales, la voie ferrée expliquent ce choixLe 31 décembre 1941 le camp de Bren vient d’être retenu par la direction de police nationale pour l’installation d’un « camp de concentration ».Il a été décidé d’en faire un camp de femmes, en remplacement de celui de Rieucros –Lozère- qui s’avérait trop exigu.Celui-ci avait été ouvert le 12 septembre.1939 pour recevoir les étrangères et les françaises « suspectes », les condamnées de droit commun et les femmes internées pour mauvaise conduite.LA POPULATIONEn février 1942 350 femmes sont comptabilisées.Le chef de camp demande le 3 juin 1943 à ce que les enfants en bas âge ne soient plus acheminés avec leur mère, car la situation ne permet plus d’assurer à ceux-ci une vie matérielle convenable.Brens a été le seul camp spécifique de femmes de la zone sud.1150 prisonnières y ont une expérience concentrationnaire.La police nationale prend des mesures pour faire conduire par les préfectures de zone libre les « juifs apatrides » qui ont franchi la ligne de démarcation.Le 26 août 1942 la police française lance la grande rafle anti-juive dans la zone libre. Brens livre sont contingent d’internées :31 partent rejoindre les camps d’Auschwitz.D’horizons géographiques divers, elles ont été arrêtées dans différents départements et certaines ont connu le camp de Rieucros avant celui de Brens : près du quart sont accusées de propagande communiste, la plus âgée a 56 ans, la plus jeune a 17 ans.Le 2 septembre 1942 elles sont transférées à Drancy.En toute une quinzaine de nationalités coexistaient au camp.Le quotidienUne infirmerie sera terminée en mai 1942.Des cours sont organisés par les détenus elles-mêmes, et en particulier des cours de langue, mais la censure veille, et le 25 novembre 1943 les cours de littérature sont supprimés car données par une institutrice communiste.Pour les enfants, souvent d’origine espagnole, l’épouse d’un inspecteur des renseignements généraux dispense un enseignement élémentaire en français.A chaque manifestation les sanctions tombent brutalement :Interruption de courrier et des colis interdiction des visites, isolement des coupables.On agit de même pour chaque évasion.Une vingtaine d’évasions ont été réussies dont une a réussi à traverser le Tarn.Une quinzaine ont été échoué.Les évasions sont solitaires, sauf celle du 5 mai 1944 où 5 femmes parviennent à s’enfuir.Leurs complices son sanctionnées, 8 jours d’isolement complet.La fin du camp et la mémoireDésaffecté après la libération du Tarn, Brens reprend sa fonction carcérale pour héberger le 20 décembre 1944, 273 collaborateurs tarnais arrêtés qui attendaient leur procès et qui auparavant été internés au camp deSaint-Sulpice.Fin 1945 alors que le camp se vide peu à peu de ses occupantes renvoyées dans leurs foyers, les autorités françaises prennent la décision de le dissoudre.La décision devient effective en avril 1946, mais l’ordre de réquisition de 1939 est annulé par le préfet du Tarn, le terrain et les baraques sont évacuées, mais aussi réoccupées par l’Union Départementale des Syndicats de la Haute-Garonne qui en fait un camp de vacances.En janvier 1948, le terrain est récupéré par son propriétaire monsieur Noblet d’Anglure ainsi que le pavillon et les baraques sont vendues à des particuliers.BRENS… SOUS DIVERSES FACETTESLA :http://apsicbr.free.fr/brens.htm
Les camps nazis où vécurent l'enfer nos indigènes résistants déportés:06Wittlich en Allemagne de 1940-1945
Wittlich (Wi)Prison située près de Cologne. Notamment lieu de prévention des hommes «NN» venant d’Hinzert et devant être jugés au tribunal de Cologne.Nuit et Brouillard(NN):Nuit et brouillardUn article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.Aller à : Navigation, rechercher Pour les articles homonymes, voir Nuit et brouillard (homonymie).Les directives sur la poursuite pour infractions contre le Reich ou contre les forces d’occupation dans les territoires occupés (Richtlinien für die Verfolgung von Straftaten gegen das Reich oder die Besatzungsmacht in den besetzten Gebieten) sont un décret du 7 décembre 1941 signé par le maréchal Wilhelm Keitel et ordonnant la déportation pour tous les ennemis ou opposants du Reich, dans le cadre de dispositions dites « Nuit et brouillard » (en allemand Nacht und Nebel, ou NN).En application de ce décret, toutes les personnes représentant un danger pour la sécurité de l'armée allemande (saboteurs, résistants) seraient transférées en Allemagne et disparaîtraient dans le secret absolu.Sommaire [masquer]1 Contexte2 Précédents en Allemagne3 Contenu du décret NN4 Application du décret NN5 Origine de l'expression6 Notes et références6.1 Sources6.2 Références7 Bibliographie sommaire8 Voir aussiContexte [modifier]Les dirigeants nazis considéraient que les résistants des pays qui avaient signé un armistice avec l'Allemagne[1], ou capitulé, n'étaient pas protégés par les Conventions de La Haye (Première conférence de La Haye en 1899 et Seconde conférence de La Haye en 1907), qui, rappelons-le, définissaient des devoirs non seulement envers les membres des armées nationales, mais envers tous les belligérants qui portaient les armes ouvertement et respectaient eux-mêmes les lois et coutumes de la guerre[2].Le 7 décembre 1941, toutefois, le chef des SS Heinrich Himmler fait parvenir ces instructions à la Gestapo :« Après mûre réflexion, la volonté du Führer est de modifier les mesures à l'encontre de ceux qui se sont rendus coupables de délits contre le Reich ou contre les forces allemandes dans les zones occupées. Notre Führer est d'avis qu'une condamnation au pénitencier ou aux travaux forcés à vie envoie un message de faiblesse. La seule force de dissuasion possible est soit la peine de mort, soit une mesure qui laissera la famille et le reste de la population dans l'incertitude quant au sort réservé au criminel. La déportation vers l'Allemagne remplira cette fonction.[3] »Le maréchal Wilhelm Keitel publie une lettre qui dit explicitement :« A. Les prisonniers disparaîtront sans laisser de traceB. Aucune information ne sera donnée sur leur lieu de détention ou sur leur sort.[3] »Précédents en Allemagne [modifier]Dès 1934, les Allemands sont exposés à trois mesures d'exception : -- "Schutzhaft" (détention de sûreté) sans jugement pour une durée indéterminée dans une prison ou un camp ; -- peine de prison à temps après une procédure devant des tribunaux spéciaux, les "Sondergerichte"; -- "mise au camp" pour une durée indéterminée au terme de la peine de prison à temps.Contenu du décret NNLe décret NN stipule: -- ne sont à juger dans les pays occupés que les crimes à coup sûr justiciables de la peine de mort et à condition que celle-ci puisse être appliquée dans un délai inférieur ou égal à huit jours; -- les inculpés qui ne rempliraient pas ces deux conditions sont à déporter en Allemagne sous le secret absolu. Ils seront isolés du monde et, soit jugés en Allemagne, soit internés dans un camp; -- la seule réponse à faire à des organismes étrangers ou allemands qui poseraient des questions sur ces disparus est que "l'état de la procédure ne permet de donner aucune information."Application du décret NNPendant la guerre, au départ, les détenus NN tombent sous le coup d'une Schutzhaft aggravée par le strict isolement individuel ("Strange Eingelhaft"), jusqu'au jugement éventuel par un Sondergericht local ou par le 2e Sénat du Volksgerichtshof en tournée.[réf. nécessaire]Les NN, « Nuit et brouillard », sont majoritairement des Français, des Belges et des Hollandais. Les détenus ainsi marqués n'auront connaissance de leur statut qu'après la guerre. Ils voient bien qu'ils ne reçoivent ni courrier ni colis. Ils ne savent pas que les lettres qu'ils écrivent ne sont pas transmises. Tous les déportés ne sont pas NN, mais tous les NN sont déportés. Par contre, tous les NN ne sont pas condamnés à mort. Beaucoup de condamnations à des peines de prison ou de travaux forcés. Les détenus en fin de peine sont "mis au camp" sans spécification de durée.A l'automne 1944, devant l'échec manifeste de la politique NN (la dissuation est nulle, le nombre d'insurgés augmentant sans cesse), le régime NN est partiellement levé. Les Allemands vident leurs prisons et leurs bagnes surpeuplés des détenus NN qui sont mis au régime commun dans les camps de concentration où les résistants sont envoyés sans procédure ni jugement. Du statut NN, seule subsiste la privation de colis et de courrier qui, dans bien des cas, va s'avérer fatale.Origine de l'expression [modifier]Selon certains, Nacht und Nebel fait référence à l'opéra de Wagner L'Or du Rhin, dans lequel Alberich, coiffé du casque magique, se change en colonne de fumée et disparaît tandis qu'il chante « Nacht und Nebel, niemand gleich » (« Nuit et brouillard, plus personne »).En fait, « bei Nacht und Nebel » était, dès avant l'existence de cet opéra (1869), une expression allemande courante pour dire « à la faveur de la nuit »[4].Selon certains historiens, « Nacht und Nebel » serait une interprétation surajoutée (éventuellement par les nazis eux-mêmes) à l'abréviation NN de Nomen Nescio (latin signifiant « je ne connais pas le nom »), utilisée en allemand (et en néerlandais) pour désigner une personne qu'on ne veut pas ou ne peut pas nommer. Tel aurait été le sens dans lequel l'administration des camps aurait d'abord utilisé les lettres NN[5].Notes et références [modifier]Sources [modifier]Une partie de l'article est traduite de en:Nacht und NebelRéférences [modifier]↑ Voir par exemple le point 10 de l'armistice du 22 juin 1940 entre la France et l'Allemagne: « Art. 10. — Le gouvernement français s’engage à n’entreprendre à l’avenir aucune action hostile contre le Reich allemand avec aucune partie des forces armées qui lui restent ni d’aucune autre manière. Le gouvernement français empêchera également les membres des forces armées françaises de quitter le territoire français et veillera à ce que ni des armes ni des équipements quelconques, ni navires, avions, etc., ne soient transférés en Angleterre ou à l’étranger. Le gouvernement français interdira aux ressortissants français de combattre contre l’Allemagne au service d’États avec lesquels l’Allemagne se trouve encore en guerre. Les ressortissants français qui ne se conformeraient pas à cette prescription seront traités par les troupes allemandes comme francs-tireurs. » Consultable sur le site de l'université de Perpignan [archive] et sur Wikisource↑ « Article Premier. Les lois, les droits et les devoirs de la guerre ne s'appliquent pas seulement à l'armée, mais encore aux milices et aux corps de volontaires réunissant les conditions suivantes: 1°. d'avoir à leur tête une personne responsable pour ses subordonnés; 2°. d'avoir un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance; 3°. de porter les armes ouvertement et 4°. de se conformer dans leurs opérations aux lois et coutumes de la guerre. » (Premier article de la Convention de La Haye de 1907 [archive] [pdf])↑ a b Le décret Nuit et brouillard [archive]↑ Mozin's Hand-Wörterbuch, revu par Hölder, 1e partie, Stuttgart et Augsbourg, 1858, art. Nebel, p. 300↑ François Delpech, « La persécution nazie et l'attitude de Vichy », Historiens et Géographes, revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de l’Enseignement Public (APHG), n° 273, mai - juin 1979. En ligne sur le site du Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah [archive]. D'après Jean-Luc Bellanger, « Comment les NN sont-ils devenus ' Nuit et Brouillard ' ? », Le patriote résistant, février 2005 (rééd. d'un article publié dans la même revue en septembre 1995), on trouve dès le 25 novembre 1942 l'expression « Nacht und Nebel-Erlass » (« ordonnance Nacht und Nebel ») pour désigner l'ordonnance de Keitel, mais l'ordonnance elle-même ne contient ni l'abréviation « NN » ni les mots « Nacht und Nebel ».
NEUENGAMMEC’est en décembre 1938 que les SS créèrent le camp de Neuengamme, situé près de Hambourg, dans le nord de l’Allemagne. C’était un sous-camp de Sachsenhausen. Utilisant une entreprise de construction et de terrassement allemande pour opérer à Neuengamme, les SS amenèrent sur les lieux une centaine de prisonniers de Sachsenhausen pour commencer la construction du camp. Les SS prévoyaient d’utiliser la main-d’œuvre détenue pour rouvrir et moderniser une briqueterie de la région. Les prisonniers de Neuengamme furent par la suite astreints au travail forcé sur des chantiers, notamment l'aménagement du débit de l’Elbe et la construction du canal Dove-Elbe, dans le nord de l’Allemagne.Neuengamme devint un camp de concentration indépendant en juin 1940. Ce mois-là, le nombre des détenus s’élevait à plus de 1 100. En juillet 1941, le nombre de prisonniers dépassait les 5 000. Le typhus demeurait un problème endémique du fait des conditions sanitaires déplorables et du surpeuplement chronique du camp. Plus d’un millier de prisonniers périrent au cours d’une épidémie de typhus qui se déclara en décembre 1941. En avril 1942, les SS achevèrent la construction d’un four crématoire. Les corps des prisonniers morts dans le camp étaient ordinairement emportés à Hambourg pour y être incinérés. A partir d’avril 1942, les corps furent brûlés dans le camp même et les cendres dispersées dans les jardins. Le taux de mortalité des prisonniers continuant à augmenter, les SS firent construire un second four crématoire.Les principaux camps nazis en Europe, avec indication de Neuengamme Autres cartesEn octobre 1942, les SS créèrent le camp de concentration de Druette, situé dans la ville de Watenstedt-Salzgitter, près de Brunswick. Ce camp, l’un des premiers et des plus importants des annexes de Neuengamme, devait fournir de la main d'œuvre aux usines d’armement Hermann Göring Werke. Lorsque la pénurie de main-d’œuvre s’aggrava en Allemagne, les SS développèrent l’exploitation des prisonniers des camps, surtout pour la production d’armements. Plus de 3 000 hommes de Neuengamme furent astreints à travailler à la production de munitions et de bombes pour l’armée allemande.En octobre 1942, les SS ouvrirent également une autre annexe de Neuengamme à Brême. Le 17 avril 1943, six prisonniers du camp de Neuengamme périrent au cours d’un raid de l’armée de l’air alliée sur cette ville. Ces prisonniers faisaient partie des 700 détenus contraints à réparer les dommages causés par les bombes et à dégager les munitions non explosées des débris provoqués par les raids aériens. Au cours des raids aériens, il était interdit aux prisonniers d’utiliser les abris antiaériens.A la mi-janvier 1945, le réseau de camps de concentration de Neuengamme comptait environ 50 000 prisonniers, dont près de 10 000 femmes. Il comprenait une soixantaine de sous-camps dispersés dans le nord-ouest de l’Allemagne, dont plus de 20 situés dans la seule ville de Hambourg.Neuengamme1938 – 1945Consulter la chronologieLes prisonniers du camp de Neuengamme furent également soumis à des expériences médicales. Le docteur Ludwig-Werner Haase, par exemple, testa un nouveau filtre en ajoutant à l’eau une dose d’arsenic cent fois supérieure à la quantité inoffensive. Il filtra ensuite l’eau en utilisant son nouveau dispositif et l’administra à plus de 150 prisonniers pendant 13 jours. Les fortes doses d’arsenic causèrent probablement un préjudice durable aux prisonniers. Les médecins SS utilisèrent également quelques détenus de Neuengamme, dont des enfants, pour des expériences médicales sur la tuberculose.A l’approche des forces britanniques, fin avril 1945, les gardiens entreprirent l’évacuation forcée du camp. Ils brûlèrent également les dossiers des bureaux du camp. Environ 10 000 prisonniers furent astreints à une marche de la mort vers Lübeck, dans le nord de l’Allemagne. Plusieurs milliers d’autres prisonniers avaient déjà été transférés dans le camp de concentration de Bergen-Belsen situé dans les environs. Au cours de l’évacuation de Neuengamme, plus de 6 000 prisonniers furent embarqués de force sur deux bateaux dans une petite baie située près de Hambourg. Les chasseurs bombardiers britanniques, ignorant que les SS avaient contraint les prisonniers à embarquer, attaquèrent ces bateaux. Le "Thielbeck", avec à son bord environ 2 000 déportés, sombra rapidement. Le "Cap Arcona", transportant plus de 4 500 prisonniers, brûla et chavira pendant l’attaque. Sur les deux bateaux, seulement 600 prisonniers survécurent.L’armée britannique libéra le camp de concentration de Neuengamme, le 4 mai 1945. Le registre des décès indique qu’au 10 avril 1945, environ 40 000 prisonniers avaient péri dans le camp. Plusieurs milliers d’autres moururent avant la libération du camp en mai 1945. Au total, plus de 50 000 déportés, soit près de la moitié des détenus, moururent à Neuengamme avant la libération.
Les camps nazis où vécurent l'enfer nos indigènes résistants déportés:04Mauthausen en Autriche de 1940-1945
MAUTHAUSENMauthausen, c'est pour les déportésles 186 marches de la carrière de granit.C'est aussi le seul camp dans la catégorie 3 dans la classification de Heydrich, catégorie réservée aux détenus devant subir le traitement le plus rigoureux.LE KZ DE MAUTHAUSENLe siteMauthausen est, à cette époque, une petite ville paisible, entourée de douces collines, blottie sur la rive gauche du Danube au courant d'autant plus rapide qu'il vient de recevoir les eaux de l'Enns, l'une des plus puissantes rivières alpines. Elle est située à 25 kilomètres en aval de Linz et à 145 kilomètres à l'ouest de Vienne, la ville-capitale. À l'horizon: les Alpes et la forêt de Bohême. Au nord commencent les vastes et giboyeuses forêts du Mühlviertel.Le KZ, construit sur une colline dominant le Danube, à 3 kilomètres de la ville, a l'aspect d'une forteresse impressionnante, avec ses murs de granit, ses tours de guet avec meurtrières, ses chemins de ronde, son entrée imposante surmontée d'un grand aigle de bronze à croix gammée. Le RP Riquet évoque ainsi le KZ :« Mauthausen, charmant village accoté à la montagne, les pieds baignant dans le Danube, fraîche et parfumée comme l'Alpe tyrolienne qui barre là-bas l'horizon. Ses collines verdoyantes, les pins noirs abritant les maisonnettes blanches et roses, dans le lointain la crête neigeuse et les glaciers des Alpes sur lesquelles se détache mystérieuse, la Creta Dormiente, quel décor d'opérette viennoise!... À la pointe du promontoire sur lequel s'étend le Revier, là même où la vue embrasse, émerveillée, la splendeur de ces couchants qui rendent incandescent le Danube et bigarrent le ciel de toutes les nuances de l'or et de la pourpre, on voit chaque jour s'entasser les plus tristes cadavres, squelettiques, les yeux béants, la bouche tordue... »C'est là que se trouve la plus grande carrière de granit d'Autriche. Elle appartenait naguère à la ville de Vienne, d'où son nom de Wienergraben. Elle avait fourni les blocs utilisés pour la construction des rues, des ports et de nombreux édifices de Vienne et de beaucoup de cités de l'Europe centrale. Après l'Anschluss, les SS en sont devenus propriétaires. L'exploitation en est facile grâce au Danube et aux voies ferrées.LE KZAu début de 1938, un kommando du KZ de Dachau composé de criminels de droit commun arrive pour travailler dans la carrière. Peu après, Himmler décide de créer un KZ sur la colline dominant cette carrière, pour l'exploiter grâce à la main-d'œuvre des déportés. La construction commence avec ces prisonniers: d'abord des Allemands adversaires des nazis, puis des Autrichiens et des Tchèques des pays envahis, puis des Polonais après leur défaite, puis des républicains espagnols au début de 1941, puis des Soviétiques prisonniers de guerre et civils après l'invasion de l'URSS et des déportés provenant de tous les pays asservis.Le plan du KZ est semblable à celui des autres camps: les baraques, vingt-cinq Blocks disposés du nord au sud par rangées de cinq, font face à la place d'appel. Ces Blocks destinés aux détenus sont en bois et mesurent environ 50 mètres sur 7, comprenant un dortoir, une pièce commune et une petite pièce d'eau. Les bâtiments affectés aux sous-officiers SS et aux bureaux, placés perpendiculairement à la place d'appel, sont de même type. Ils sont toutefois revêtus à l'intérieur d'Isorel et chauffés. Le Bunker est construit en pierre, à partir du 8 octobre 1941. Dans ses caves sont aménagés le four crématoire et les salles d'exécution. C'est en pierre également que sont construits la Kommandantur (à partir du 5 février 1942), ainsi que les casernements, les bureaux des SS et une solide enceinte supportant huits rangs de barbelés électrifiés. Ce mur ne sera d'ailleurs pas achevé, la partie non terminée étant interdite par des barbelés électrifiés de 3 mètres de haut. À part se trouvent les ateliers et, à partir de 1943, le camp des malades.Devant l'afflux de prisonniers, de nouveaux baraquements sont aménagés à partir d'août 1944, ainsi qu'un camp supplémentaire de seize grandes tentes. Le KZ couvre alors une superficie de près de 100 hectares, les deux tiers constituant le camp proprement dit, le reste étant occupé par les carrières. Quant aux officiers SS, ils habitent avec leur famille dans de jolies villas proches du camp.Mauthausen est un KZ de la catégorie 3, la plus dure. Ainsi pour l'année 1943, 7 058 de ses détenus périssent sur un total de 15 000 (soit 58 %), alors qu'à Dachau, avec 2 700 décès sur 7 500 prisonniers, la mortalité n'est que de 36 %, de 19 % à Buchenwald (1 522 sur 7 730) et de 16 % à Sachsenhausen (1 816 sur 11 111). Il convient de préciser que Mauthausen perdra ce triste record à partir de 1942, plusieurs autres KZ connaissant, alors, des régimes aussi meurtriers.C'est à Mauthausen que sont envoyés, à partir de la fin de 1943, la plus grande partie des déportés NN, ceux qui devaient disparaître dans la nuit des camps.L'administrationL'effectif de la garnison ne va cesser de croître: 917 hommes à la fin de 1941, 1 282 en décembre 1942, 2 167 en décembre 1943, 5 812 en décembre 1944. À l'origine, les gardiens sont des SS appartenant à la division Totenkopf. À partir de 1944, ils sont partiellement relevés par des soldats de la Luftwaffe et du Volksturm. Le personnel SS des services centraux compte 260 hommes à la fin de 1944. À cette date, le commandant du KZ est Franz Ziereis qui, arrivé en 1939 avec le grade de capitaine, restera en fonction jusqu'à la fin avec le grade de colonel.SÉVICES ET MASSACRESL'arrivée à MauthausenL'accueil à Mauthausen est semblable à celui réservé aux déportés dans les autres KZ. C'est ce qu'indique Michel de Bouard qui y arrive comme NN :« L'entrée au KZ donnait lieu aux formalités que maint récit a déjà fait connaître: dépouillement des vêtements et de tous objets personnels, y compris les bagues; on gardait seulement la ceinture tenant le pantalon. Puis c'est la douche, dans une vaste salle carrelée, aménagée sous la blanchisserie; après quoi le corps est entièrement rasé au rasoir et enduit d'un liquide insecticide; enfin chaque nouveau reçoit une chemise et un caleçon, à petites raies violettes et blanches, du type utilisé dans les prisons du Reich, et deux sandales à semelles de bois (qui font rarement la paire). C'est alors l'entrée en quarantaine (Blocks 13 à 19 jusqu'à l'été 1944; Blocks 16 à 25 et camp 3 depuis lors), où l'on dort, serrés et tête-bêche comme sardines en boîtes, sur des paillasses à même le plancher, où un trou rectangulaire ouvert dans la cour du Block tient lieu de WC (ceux-ci existent, mais l'accès en est interdit); où pleuvent, à longueur de journée, brimades et brutalités; où l'on attend le départ pour un kommando de travail. »Travail et vie quotidienneLes kommandos d'entretien sont les mêmes que dans les autres KZ. Un seul kommando industriel existe à Mauthausen: la petite usine Messerschmitt construite en 1943 dans la carrière. Cette fabrique de tresses (bretelles pour armes, bandes de mitrailleuses) a surtout pour objet d'occuper à un travail léger quelques internés âgés ou impotents. Ils seraient exterminés comme inutiles dans d'autres KZ. Le principal kommando est celui de la carrière. Elle est entourée de barbelés et de miradors. Chaque jour, des milliers d'hommes y descendent pour y extraire des blocs de granit. Le travail est aussi pénible que celui qui a été décrit à Gross-Rosen. Pour commencer, il a fallu transporter des milliers et des milliers de blocs de granit pour construire les bâtiments en pierre et l'enceinte du camp. Les 186 marches conduisant du camp à la carrière aggravent le calvaire des déportés. Chaque matin, il faut descendre ces 186 marches, au pas de course, sous les coups des SS placés tout au long. Le soir, la remontée des 186 marches s'effectue par groupes de cinq, le plus souvent avec une pierre sur le dos. Celui qui tombe est aussitôt abattu par les SS ou précipité du haut de la carrière.Michel de Bouard décrit la vie quotidienne à Mauthausen:« La plupart des kommandos sortaient ensemble, le matin à 7 heures, du camp intérieur. Avant de franchir la porte, chaque kapo annonçait à haute voix à l'Arbeitsdienstführer Trum, debout devant un pupitre, le nom et l'effectif de son kommando. De même au retour du travail, soit à midi, soit le soir à 6 heures: si le lieu de travail n'était pas tout proche de l'enceinte intérieure, les détenus y recevaient la soupe à midi; dans le cas contraire, ils revenaient la prendre à leur Block.L'appel général du soir terminait la journée de travail. Cet appel, dont la durée interminable faisait dans certains camps une épuisante épreuve, était à Mauthausen assez bref. Après quoi l'on distribuait dans chaque Block la ration du soir et les détenus pouvaient circuler dans le camp jusqu'au couvre-feu. Mais si les surveillants étaient de méchante humeur (incident au camp, mauvaises nouvelles du front, etc.), à la sonnerie du couvre-feu était substitué, sans préavis, un lâcher de chiens, c'était alors un sauve-qui-peut vers les Blocks, au milieu des aboiements et des hurlements des traînards que les bêtes happaient. Le dimanche, la plupart des kommandos ne travaillaient pas. Ce Jour-Là, le camp était méconnaissable.La célèbre tenue rayée n'était guère portée que par les hommes envoyés en kommandos extérieurs. À Mauthausen même, on portait des vêtements civils, fournis par le magasin d'habillement: c'étaient les effets enlevés aux détenus lors de leur entrée au camp.Le régime alimentaire du KZ était sensiblement plus mauvais que celui des autres camps. Le matin, un quart de litre d'ersatz de thé non sucré. À midi, trois quarts de litre, environ, de soupe aux rutabagas, aux choux sûris, aux feuilles de betterave, aux légumes déshydratés. Les rapports de l'intendance du camp font mention de stocks de pommes de terre, à l'usage des détenus; or, d'avril 1944 à mai 1945, la soupe des prisonniers n'en a contenu que pendant quelques jours (fin de décembre 1944 à début janvier 1945): c'étaient des tubercules gelés; les bouteillons contenant cette soupe empestaient à 20 mètres. Le soir, un morceau de pain avec un tranche de saucisson (30 grammes environ); le mercredi, un petit morceau de margarine en supplément, le samedi, un étrange produit qu'on appelait fromage: il arrivait en poudre blanche, à laquelle on ajoutait de l'eau; chacun en recevait le contenu d'une cuillère à soupe. La ration de pain était encore, à l'été de 1944, de 400 grammes (certains jours 600 grammes); elle ne cessa de diminuer depuis lors, pour tomber en mars-avril 1945 à 200 puis 150 grammes. C'était du pain noir, de qualité sans cesse décroissante. »AtrocitésTous les témoignages d'anciens détenus de Mauthausen indiquent qu'atrocités et exécutions étaient permanentes. Celui de Michel de Bouard donne quelques exemples:« La seule punition prévue par les règlements était la bastonnade: 25, 50 ou 75 coups. Inutile de dire qu'on résistait rarement à plus de 50 coups. Beaucoup succombaient même avant.En marge de ce règlement, la plupart des SS se permettaient n'importe quelles brutalités. Certains d'entre eux étaient manifestement des sadiques. Tel Müller: au cours d'un interrogatoire, il bat jusqu'au sang un détenu, et lui annonce qu'il sera exécuté le lendemain. Puis, apprenant que l'homme est de son métier chanteur à Vienne, il le fait chanter pendant une heure. Repris après une tentative d'évasion, un Russe est mis " à la tour ", c'est-à-dire enchaîné au mur, près de la porte d'entrée. Au début de la nuit arrive le Rapportführer Riegeler, qui frappe le malheureux et le jette à terre; puis il prend sa canne et lui crève les yeux, lui écrase les côtes à coups de talon, lui transperce la gorge avec sa canne qui sort par la nuque; le sang étouffe les cris de l'homme qui vit toujours. Alors Riegeler l'achève d'un coup de revolver. Les atrocités de ce genre étaient monnaie courante au KZ. La carrière en était souvent le théâtre. Les gens que l'on ne voulait pas exécuter officiellement y étaient envoyés. Là ils succombaient sous le poids d'énormes blocs de granit et sous les coups du kapo Pelzer et des SS; ou bien on les poussait à coups de trique vers les barbelés: une sentinelle tirait alors d'un mirador et abattait le détenu. »Michel de Bouard cite encore un exemple, qu'il a vécu lui-même :« Vers la mi-décembre 1944, les bâtiments du Revier furent désinfectés au gaz Zyklon B; chacun d'eux fut évacué durant deux jours et son effectif entassé dans un autre Block. L'opération finie, nous dûmes revenir, complètement nus, dans la neige, par une température voisine de moins 10°C; avant de réintégrer notre baraque, on nous badigeonna le corps avec un insecticide très corrosif, puis nous passâmes sous un jet d'eau glacée; il fallut alors, tels quels, sans pouvoir nous sécher, regagner nos paillasses. Inutile de dire que, cette fois encore, les victimes furent nombreuses. »Le Revier était d'ailleurs redouté comme le rapporte Raymond Labram :« Si dur que fût notre travail journalier, nous nous y cramponnions néanmoins avec l'énergie du désespoir, par crainte de l'infirmerie considérée par tous comme l'antichambre de la mort. Bien rares en effet les camarades qu'on en voyait ressortir. Par bonheur, il était très difficile d'y être admis: parmi les fiévreux, seuls les détenus qui avaient une température supérieure à 40 degrés étaient reconnus malades et ne tardaient généralement pas à mourir. Les malades de ma catégorie, atteints de phlegmons ou d'ulcères, étaient opérés à l'aide de ciseaux faute de bistouris, sans anesthésie locale, par des détenus polonais, allemands ou slovaques, charpentiers ou maçons de leur métier, transformés pour la circonstance en infirmiers. Mais c'était dans la catégorie des dysentériques que la mortalité atteignait les chiffres les plus élevés. La soupe liquide qu'on leur distribuait, comme à tous les autres détenus, sans tenir compte de leur état, achevait de les vider de leur substance, et ces malades, trop faibles pour se lever et complètement négligés par les infirmiers, vivaient au milieu de la vermine et des odeurs les plus nauséabondes, leur linge et leurs couvertures souillés par leurs excréments . »ExécutionsC'est en permanence que les exécutions ont lieu au KZ.Exécution de maladesL'une d'elles est rapportée par Michel de Bouard :« Dans la nuit du 17 au 18 février 1945, 400 malades arrivés la veille avec un gros convoi évacué de Sachsenhausen furent laissés nus, par un froid de moins 10°C, sur l'Appellplatz, puis aspergés d'eau froide, la cadence des morts n'étant pas assez rapide, trois SS armés de gourdins, puis de haches, entreprirent un massacre auquel échappèrent une trentaine d'hommes seulement. Les cadavres furent aussitôt apportés au crématoire et les morts enregistrées comme naturelles. »Exécution de 72 Yougoslaves« Avril. Le mois de notre arrivée. Nous venons de remonter de la carrière et nous sommes rassemblés dans la cour, pour l'appel du samedi. Dans l'allée qui nous fait face, derrière les barbelés, un groupe d'officiers s'avance. L'un deux est à cheval. Les SS fument des cigares et passent sans nous regarder. Nous les voyons tourner vers la gauche, dans un chemin dont le Block nous cache la vue. Tout à coup, un feu de salve crépite derrière les bâtiments. Il est suivi quelques instants après d'un coup sec. Je crois comprendre. Une dernière salve se fait entendre, suivi d'un autre coup sec, puis d'autres encore. Les salves se succèdent à n'en plus finir, avec toujours ce même coup sec. Les hommes, y compris le chef de Block, paraissent pétrifiés. Enfin la fusillade s'arrête. Un bruit de bottes martèle le sol en cadence. En regardant de côté, nous voyons passer douze soldats et leur chef de section. Le groupe des officiers repasse devant nous avec la même insolence. C'est fini. Dans le camp, la dislocation se fait à grand bruit. C'est alors que débouche au détour du chemin une petite charrette dont les roues mal graissées font un bruit qui vous crispe les oreilles. Aux brancards deux hommes sont attelés. Ils ont le torse nu, le crâne rasé, portent un grand tablier de caoutchouc tout taché de sang. Leurs mains sont toutes rouges. Sur le plateau, il y a des cadavres nus empilés les uns sur les autres en trois étages. Les membres et les têtes dégoulinants de sang pendent de chaque côté comme de la viande de boucherie. Le chariot s'arrête tout près de nous, devant le crématoire. Les conducteurs prennent alors les corps un par un et les balancent dans la cave. Le déchargement terminé, les deux hommes repartent vers la même direction. La charrette est passée douze fois devant nous, avec toujours un nouveau chargement de corps déchiquetés. »Exécution de 87 juifs« Un convoi de 87 juifs hollandais venait d'arriver au camp. Un matin, ils descendaient à la carrière et furent incorporés dans notre kommando. Mais avec eux étaient descendus un SS connu dans le camp sous le nom de la Demoiselle blonde et un kapo surnommé Hans le Tueur, spécialiste des exécutions de juifs. Tous deux entrèrent d'abord dans la petite baraque qui servait d'abri au kapo. Au bout d'une heure, ils sortirent en titubant de la baraque. Ils avaient ingurgité une forte dose d'éther que le SS venait de se procurer à l'infirmerie, peut-être pour se donner du courage. Tous deux tenaient un manche de pioche. Ils se dirigèrent vers les juifs. Et le matraquage commença. Je n'aurais jamais pu imaginer une scène aussi épouvantable. Les manches de pioche s'abattaient sur les crânes qui résonnaient comme des tambours, sur les os qui craquaient. Des cervelles jaillissaient; du sang ruisselait. Les juifs, affolés, travaillaient de toutes leurs forces, pensant que leur zèle pourrait leur épargner les coups. C'était bien inutile. Le plus extraordinaire était que les juifs, terrorisés par cette effroyable tuerie, ne criaient pas. Seuls les blessés râlaient. Leurs plaintes s'éteignaient sous les coups. L'effroyable spectacle continua jusqu'à 11 heures et demie. »Opération KugelLe KZ de Mauthausen a reçu des déportés mis à mort dans le cadre des opérations SB et Kugel. Les prisonniers arrivant avec l'indicatif SB (Sonderbehandlung) subissaient le " traitement spécial ". Leur exécution suivait en général très rapidement. Michel de Bouard écrit que " la dénomination Kugel (balle) n'était en usage qu'à Mauthausen " (en fait, il semble qu'elle ait été plus étendue). L'action Kugel, ou action K, ordonnait que les officiers évadés et repris soient conduits à Mauthausen dans le plus grand secret. En fait ce n'était pas une balle qui attendait ces malheureux. Ils étaient enfermés au Block 20, laissés là presque sans nourriture et mouraient en général au bout de quelques semaines. Le Block 20 était isolé du camp par un mur élevé et flanqué de deux miradors dans lesquels deux mitrailleuses étaient pointées en permanence sur lui. L'effectif habituel du Block était, semble-t-il, de 1500 hommes environ. Le nombre quotidien des morts était rarement inférieur à 50. À la suite de la tentative d'évasion du 2 février 1945, les survivants du Block 20 furent tous exécutés.Evelyn Le Chêne précise que 25 000 personnes environ ont été assassinées en application de la seule Kugel Aktion, dont 3 000 civils.Exécutions individuellesÀ Mauthausen, plusieurs méthodes sont utilisées pour procéder aux exécutions...L'une des plus courantes est celle dite " de la toise ". Le condamné est amené par l'escalier se trouvant à côté du Bunker dans le corridor situé sous ce dernier. Là il est placé contre le mur et un curseur est abaissé sur sa tête comme pour mesurer sa taille. Derrière le mur de brique se trouve un SS muni d'un fusil spécial dont le canon s'enfonce dans un orifice caché dans le mur, exactement à la hauteur du cou du condamné. Une balle suffit.La pendaison de prisonniers a lieu dans la même zone du camp. Le détenu descend par le même escalier et une fois dans le sous-sol, à un endroit précis, une corde lancée par un gardien forme immédiatement un nœud coulant autour de son cou. Dans les deux cas, le condamné n'a pas le temps de comprendre le sort qui va lui être réservé.Chambres à gazKogon (E.), Langbein (H.) et Rückerl (A.) considèrent que " parmi les camps de concentration qu'on peut qualifier de camps d'extermination au sens strict du terme, Mauthausen est un cas particulier : on y a tué par les gaz plus de détenus que dans les autres camps de concentration, que ce soit dans le camp principal, dans le camp annexe de Gusen ou dans un camion à gaz qui faisait la navette entre Mauthausen et Gusen ".MauthausenC'est à l'automne 1941 qu'est construite la chambre à gaz du camp principal, dans la cave du Revier et près du crématoire. C'est une pièce de 3,8 mètres de long sur 3,5 mètres de large, équipée de la même façon que celles qui ont déjà été décrites. Le tribunal de Hagen, en Westphalie, a jugé le SS Martin Roth qui a dirigé le crématoire de mai 1940 à fin avril 1945. Il a avoué avoir pris part, entre mars 1942 et fin avril 1945, à l'assassinat au moyen du gaz Zyklon B de 1692 déportés.Les attendus du jugement décrivent le processus de gazage :« Les victimes avaient été conduites dans le vestiaire, où elles devaient se déshabiller, puis elles pénétraient dans la pièce voisine où se trouvaient plusieurs gradés SS revêtus de blouses blanches. Ceux-ci mettaient une spatule de bois dans la bouche des victimes, pour voir s'il y avait des dents en or. Si c'était le cas, le détenu était marqué d'une croix de couleur sur la poitrine ou sur le dos. Puis les victimes étaient menées dans la chambre à gaz carrelée, munie d'une installation de douches... À peu près quinze minutes après l'admission du gaz dans la chambre, l'accusé Roth constatait par le regard situé dans la porte qu'aucune des victimes ne bougeait plus, et mettait en marche le ventilateur qui aspirait le gaz par une cheminée et le renvoyait à l'extérieur. Puis Roth ouvrait les portes de la chambre à gaz, après avoir vérifié au moyen d'un papier de couleur préparé à cet effet qu'il ne s'y trouvait plus de gaz, et ordonnait aux détenus placés sous ses ordres de porter les cadavres à la morgue du crématorium. Avant la crémation, on coupait les longues chevelures des victimes féminines et des dentistes SS extrayaient les dents en or des victimes marquées d'une croix. »La chambre à gaz du camp principal a fonctionné jusqu'à la veille de la libération. Un détenu tchèque a noté qu'entre le 21 et 25 avril 1945, 1441 personnes ont été gazées. Le dernier gazage a lieu le 28 avril. Dans les jours qui suivent, les SS font enlever les installations techniques afin de dissimuler la chambre à gaz aux Américains.Sur la base des recherches effectuées par les tribunaux, qui n'ont pu s'appuyer que sur des documents incomplets car la mention " exécution par le gaz " figure rarement sur les registres, le total des personnes gazées a été évalué à 3 455, chiffre qui est donc inférieur à la réalité.GusenPlusieurs gazages ont lieu dans le camp auxiliaire de Gusen, doté d'une installation similaire à celle du camp central. Ainsi 164 prisonniers de guerre soviétiques malades y sont gazés le 2 mars 1942 et 684 détenus inaptes au travail les 21 et 24 avril 1945. Il n'y a pas de renseignements sur les autres gazages pratiqués à Gusen.Camion à gazL'exposé des motifs du procès de l'ancien détenu Josef Schoeps, qui a exercé de l'automne 1941 à l'automne 1942 les fonctions de Lagerälteste du camp de quarantaine (Blocks 16 à 20), et qui a été acquitté, relate:« Tantôt le camion faisait la navette entre Mauthausen et Gusen : dans chacun des camps on y chargeait des détenus, pour la plupart invalides, et on déchargeait leurs corps à l'autre bout. Tantôt il circulait à l'intérieur du camp de Mauthausen jusqu'à ce qu'eût cessé de vivre son chargement humain, qu'il transportait ensuite au crématorium. C'était les SS, et en particulier le médecin du camp le docteur Kresbach, qui choisissaient les victimes. »La mise à mort de prisonniers russes est confirmée par le Blockälteste du Block 17 Kammerer :« On mena les prisonniers russes à Gusen dans la voiture à gaz et ils moururent asphyxiés au cours du trajet. Lors de cette opération, dont j'ai eu personnellement connaissance, on a tué plus de 100 Russes. »Les auteurs du livre " les Chambres à gaz, secret d'État " concluent:« De l'ensemble des mémoires et des indications données, il résulte qu'entre mars 1942 et le 28 avril 1945 les gazages ont fait à Mauthausen plus de 4 000 victimes. En premier lieu des citoyens soviétiques, mais aussi de nombreux Tchèques, Slovaques et Polonais, et, dans la dernière période des assassinats, principalement des membres de la résistance autrichienne, des Allemands, des Italiens, des Yougoslaves et des Français. »HartheimLe château de Hartheim, situé à 26 kilomètres à l'ouest de Mauthausen, construit en 1898, est un ancien asile d'aliénés. Il est aménagé par les nazis pour les personnes à " euthanasier " dans le cadre de l'opération 14f13. En août 1941, le KZ de Mauthausen y envoie un premier groupe de 26 détenus, immédiatement mis à mort. Au cours de son procès, l'employé SS Vincenz Nohel a évalué à 8 000 le nombre de déportés de Mauthausen et de Gusen gazés à Hartheim.Expériences médicalesToute une gamme d'expériences médicales ont été menées sur les déportés de Mauthausen et de Gusen. Elles comportaient l'essai de nouveaux vaccins et de nouvelles techniques d'alimentation forcée. Elles étaient supervisées par les médecins du camp; le docteur Kresbach, le docteur Richter, le docteur Ramsauer, le docteur Gross et le docteur Wolter (qui avait été précédemment à Dachau, où il avait choisi des prêtres pour ses expériences). Ils pratiquaient aussi des opérations arbitraires aussi bien sur les malades que sur les détenus bien portants, impliquant l'ablation de diverses parties du cerveau, de l'estomac, de la rate ou de l'intestin. Ces interventions avaient lieu dans la salle de dissection et les pièces anatomiques enlevées étaient mises en bouteilles et conservées.Evelyn Le Chêne cite, d'après une source américaine, une expérience caractéristique:« Un groupe de juifs néerlandais en bonne santé fut arrêté en été 1942 et conduit à Mauthausen. Quelques jours après leur arrivée, une vingtaine d'entre eux furent emmenés jusqu'à une usine située à environ trois heures de là. Ce bâtiment contenait plusieurs laboratoires et chambres à gaz. Chacune d'elles comportait trois parois de béton sans fenêtre. Le quatrième mur était en verre d'où des chimistes pouvaient observer ce qui se passait à l'intérieur de la chambre. Les juifs néerlandais et vingt sept autres hommes, tous nus, furent contraints de se soumettre à des expériences. On leur donna des masques à gaz pour la première, qui dura quinze minutes. Après les deux premières minutes, ils ressentirent un picotement intense sur la peau, suivi par une sensation de vive chaleur. Lorsqu'ils quittèrent la chambre à gaz, on prit leur température et on leur fit une prise de sang, après quoi, ils furent douchés avec une solution fortement chlorée. Ils n'éprouvèrent aucun effet fâcheux à la suite de cette première expérience.Trois semaines plus tard, on les fit de nouveau pénétrer dans la chambre à gaz, dévêtus mais avec des masques à gaz. Ils éprouvèrent de nouveau une sensation de chaleur, mais elle fut suivie cette fois d'un froid intense. Quand ils quittèrent la chambre après quinze minutes, le médecin ne prit pas leur température, mais on leur fit prendre à nouveau un bain chloré. Trois jours plus tard, dix de ces hommes éprouvèrent de violentes irritations de la peau et eurent des plaies sur tout le corps. Une semaine plus tard, les autres durent retourner dans la chambre à gaz, cette fois sans masque. L'épreuve finale dura une demi heure. Après quelques minutes, les victimes furent prises de nausées et de vertiges. Ils perdirent connaissance. À la fin de l'expérience, les hommes furent retirés de la salle par des aides de laboratoire qui portaient des uniformes antigaz, des gants de caoutchouc, des souliers spéciaux et des masques à gaz. Les victimes saignaient du nez, de la bouche et des oreilles. On radiographia leur estomac et leurs poumons. Les vomissements et vertiges continuèrent pendant quatre jours, durant lesquels ils furent néanmoins obligés de recommencer de durs travaux. »Du moins avaient-ils survécu...RÉSISTANCEEvasionsLes évasions du camp principal ont été extrêmement difficiles. Les tentatives ont été plus nombreuses dans les kommandos et les camps extérieurs et quelques-unes ont réussi, surtout vers la fin de la guerre. Ainsi des Français internés à Loiblpass près de Mauthausen peuvent s'évader le 17 septembre et le 7 octobre 1944 : des Autrichiens les hébergent et les mettent en relation avec des partisans slovènes qui les accueillent. Le 15 novembre 1944, l'Allemand Kaspar Bachl, travaillant lui aussi dans un camp annexe de Mauthausen, parvient à s'évader avec l'aide de sa femme; il est hébergé jusqu'à la fin de la guerre à Fuschl chez des antinazis.La population n'a d'ailleurs pas toujours cette attitude. Par exemple le 5 avril 1942, trois Espagnols parviennent à s'évader de Vöcklabuck, kommando dépendant de Mauthausen, en grande partie grâce à l'aide d'une jeune fille qui leur procure des cisailles; arrivés dans la montagne, ils rencontrent un garde forestier qui tire sur eux sans avertissement et les blesse. La tentative la plus importante a lieu au camp central dans la nuit du 2 au 3 février 1945. Michel de Bouard raconte cette tragédie:« Au début de février 1945, dans la nuit du 2 au 3, la révolte du Block 20 nous prouva qu'une action de force pouvait être efficace. Quelques jours plus tôt était arrivé dans cet enfer un groupe d'officiers soviétiques repris après une évasion. Ayant très vite compris qu'ils étaient voués à une mort très prochaine, ils décidèrent de tenter la gageure d'une évasion. En pleine nuit, à la date fixée, un commandement retentit: Alles raus ! Il arrivait souvent qu'un SS survint et fit sortir tout le monde dans la cour du Block pour une séance de brimades brutales. Nul ne s'étonna donc. En un clin d'œil, les conjurés étranglèrent le chef de Block et ses acolytes. Deux groupes attaquaient alors les deux miradors, aveuglant les sentinelles avec le jet d'extincteurs à mousse et s'emparaient des mitrailleuses. Pendant ce temps, d'autres jetaient des couvertures sur les barbelés électrifiés et, grâce à cet isolant, commençaient à franchir la redoutable clôture. Immédiatement, les autres miradors avaient ouvert le feu; nous fûmes éveillés par le crépitement des armes automatiques, le sifflement des balles qui rasaient le toit de nos Blocks et les cris des SS. Quatorze seulement des insurgés, sur quatre cents environ, furent tués au cours de l'opération. Les autres se dispersèrent dans la campagne où, pour se procurer des armes, ils attaquèrent un poste de défense antiaérienne.Aussitôt commença la chasse à l'homme. Tous les SS furent lancés, et tous les chiens, à travers la région. Le lendemain, les kommandos de travail ne purent sortir du camp intérieur, faute de sentinelles pour les accompagner. Pendant deux jours, nous vîmes ramener des cadavres défigurés; souvent, ils étaient traînés au bout d'une corde attachée aux pieds. Nous en comptâmes plus de trois cents. Mais il semble que quelques-uns des évadés aient pu gagner la montagne. Les hommes demeurés au Block 20 furent exterminés le lendemain matin et le Block désaffecté. »Finalement, dix-sept fugitifs seulement ne furent pas retrouvés.RésistanceChroniquement sous-alimentés, épuisés par les travaux et les coups, vivant dans la crainte permanente de nouvelles épreuves, les réactions des déportés sont diverses. Certains se replient sur eux-mêmes, ne cherchant un réconfort qu'auprès de quelques amis. Beaucoup oscillent entre le pessimisme et la dépression. D'autres recherchent des raisons d'espérer et croient qu'un débarquement allié va se produire incessamment. Pour beaucoup, qui avaient assumé d'importantes responsabilités dans la Résistance, un ressort semble brisé; ils acceptent passivement leur condition, n'attendent le salut que du dehors. À quelques brillantes exceptions près, c'est une attitude fréquente chez des hommes issus de la bourgeoisie d'affaires, les intellectuels, les militaires, etc., qui supportent difficilement l'écrasant travail physique.Les ouvriers, souvent communistes, se tournent, eux, souvent vers l'action collective. Un mouvement clandestin s'organise mais reste rudimentaire jusqu'en 1943, avec des hommes comme les Autrichiens Josef Kohl, Léo Gabler, les Tchèques Luft et Hofman. Seul, le " collectif " espagnol est plus structuré. Mais à partir de 1943, l'arrivée de nombreux communistes français et surtout la conquête de la Schreibstube par les rouges, qui chassent les verts, donnent à la résistance une impulsion décisive.Au printemps 1944, un Comité international est mis en place avec les Autrichiens Kohl, Marsalek et Mayer assistés du Tchèque Arthur London, qui avait émigré en France où il avait été arrêté. Au mois d'août, ce Comité est élargi avec l'arrivée du Français Octave Rabaté, de l'Espagnol Manuel Rasola et du Tchèque Hofman. Ils sont rejoints en février 1945 par Franz Dahlem, le major soviétique Pirogov, le socialiste polonais Cyrankiewicz, l'Autrichien Heinz Durmayer et l'Italien Giulino Pajetta. Ce Comité international se propose de mener à bien l'organisation de sections nationales, d'élaborer une action de solidarité, de mettre sur pied de petites unités de combat et de tenter, par l'intermédiaire des kommandos extérieurs, de prendre contact avec la population.Il existe notamment une organisation clandestine polonaise importante, dirigée par d'anciens officiers antisémites et anticommunistes.« Dès les premières semaines de l'été 1944, un gros effort fut tenté par les groupes communistes pour convaincre, dans chaque collectif national, les non-communistes de s'organiser, écrit Michel de Bouard, acteur de cette résistance. Les premiers, je crois, les Français répondirent à cet appel; à la demande de trois dirigeants du groupe communiste français, je constituai un comité de direction élargi, comprenant Georges Savourey, le docteur Fichez, moi-même et Jean Guillon qui devait assurer la liaison avec l'organisation communiste. Les Autrichiens, les Tchèques formèrent, dans les mois qui suivirent, des comités analogues. Chez les Autrichiens, les dirigeants en étaient, avec Hans Marsalek, le docteur Soswinsky et le colonel Codré. Grâce à une active collaboration entre ces divers organismes, poursuit-il, une efficace action de solidarité put être menée. Des vêtements furent sortis en cachette du magasin d'habillement, des vivres, des médicaments de l'infirmerie des SS; ainsi furent sauvées bien des vies et préservées des forces en vue de l'éventuel combat final. Le mouvement de résistance des Häftlinge réussit même à prendre contact avec deux détenus du Bunker et savoir ce qui se passait à l'intérieur de cette redoutable prison. »Le succès du débarquement allié et l'avance de l'armée Rouge donnent du courage à ces résistants. Comme dans les autres KZ, ils s'organisent pour faire face à un éventuel ordre chargeant les SS de détruire les camps et leurs occupants avant leur libération.LES KOMMANDOSLes kommandos de Mauthausen sont essentiellement destinés à la production de matériel de guerre. Ils rayonnent à travers toute l'Autriche. Certains comptent moins de 100 déportés, d'autres en ont plus de 10 000, comme Ebensee, Gusen et Melk.Liste des kommandosAflenz - Amstetten - Bachmanning - Bretstein - Dippoldsau - Ebensee - Eisenerz - Enns - Florisdorf - Grein - Grossramming - Gunskirchen - Gusen I, II (St. Georgen), III (Lungitz) - Hinterbrühl - Hirtenberg - Klagenfurt - Leibnitz - Lenzing - Lind - Linz I, II, III (Kleinmünchen), (Ebelsberg) - Loibl-Pass Nord - Loibl- Pass Süd - Melk - Mittersill - Passau I - Waldwerke - Passau II - Peggau - Redl-Zipf (also known as Schlier) - St. Agyd - St. Lambrecht - St. Valentin - Steyr - Ternberg - Wels - Wien Afa-Werke - Wien Saurer-Werke - Wien Schönbrunn - Wiener Neudorf - Wiener Neustadt - Wien-Schwechat - Vöcklabrück (Wagrain).EbenseeMis en place à l'automne 1943 près de Traunsee, dans la région montagneuse et boisée du Salzkammergut, le kommando d' Ebensee est relativement à l'abri des attaques aériennes. Son objet est de fournir la main-d'œuvre nécessaire à la construction d'énormes galeries souterraines, pour les ateliers d'armement. Douze usines sont prévues, longues de 400 mètres chacune et reliées entre elles par une galerie de circulation. Les déportés travaillent sous la surveillance d'ingénieurs civils employés par des firmes allemandes de construction : Siemens-Bau-Union, Siemens-Schuckert, Grossdeutscher, Schachtbau, Hinteregger und Fischer, Holzmann, Polensky, Deutscher Bergbau, Hermann Goering-Nibelungen-Werke et Solvay-Werke.Les premiers déportés arrivent au camp le 18 novembre 1943. L'installation s'effectue dans des conditions extrêmement pénibles rapportées par Evelyn Le Chêne :« L'emplacement choisi pour les baraquements était un site extrêmement boisé, où la couche de neige atteignait près de 1,50 mètre de haut. La neige ou la pluie tombait sans arrêt. Les détenus travaillaient douze heures d'affilée dans des vêtements totalement inadéquats. Ils portaient des socques de bois à empeigne de toile, auxquels la neige adhérait à chaque pas, de sorte que la marche devenait presque impossible. Ces chaussures inappropriées constituaient une torture permanente pour ceux qui les portaient. Le bois se fendait de plus en plus profondément, jusqu'à ne plus être retenu que par son empeigne de toile. Lorsque les socques tombaient complètement en pièces, les détenus devaient marcher pieds nus. Il en découlait souvent des abcès et des infections. Il n'existait aucune installation pour laver les quelques vêtements qu'ils possédaient et ils n'en avaient pas de rechange, si mouillés qu'ils fassent. En une seule occasion, en décembre 1944, les internés reçurent un minuscule morceau de savon, et un bain chaud, et ils purent changer de chemise et de caleçon. »Le travail principal est le creusement des galeries, poursuivi vingt-quatre heures sur vingt-quatre en trois équipes de huit heures, avec des pioches et des masses, à côté de machines puissantes. Les parois, le plafond et le sol du souterrain sont cimentés au fur et à mesure que le chantier progresse. Dès qu'un tronçon est terminé, on y installe des machines destinées à la fabrication de pièces pour l'aviation, les V1 et les V2. Un autre souterrain constitue un gigantesque entrepôt de carburant.La ration alimentaire est plus réduite à Ebensee que dans les autres kommandos de Mauthausen. Elle se compose, par jour, de 150 grammes de pain et de 3/4 de litre de soupe souvent faite avec de l'herbe. Les déportés mangent dans une gamelle commune pour cinq hommes. Pendant les derniers mois, les détenus n'ont que de l'eau chaude à midi et le soir une mince tranche de pain composé de son, de sciure et de farine de châtaigne.Les tortures infligées aux détenus sont analogues à celles des autres camps. Mais Georg Bachmayer, que le commandant de Mauthausen Ziereis a désigné pendant les premières semaines pour diriger le nouveau kommando, y ajoute sa note personnelle de cruauté. Il est en permanence entouré de chiens-loups féroces qu'il lance sur les malheureux. Ainsi, le 12 mai 1944 un déporté italien de dix-huit ans, repris après s'être évadé, est cruellement frappé par Bachmayer, qui jette ensuite sur lui son chien favori, Bachmayer et les autres SS regardent froidement le chien dépecer vivant le pauvre garçon. Une révolte se produit à Ebensee quelques jours avant la libération, alors que le kommando voit son effectif dépasser 20 000 hommes, du fait de l'afflux de déportés repliés des KZ de Nordhausen, Neuengamme, etc. À l'appel du matin, le commandant ordonne aux déportés d'entrer dans l'une des galeries souterraines où a été installée une vieille locomotive bourrée d'explosifs. Unanimes, les déportés refusent d'obéir. Les gardes SS hésitent et finalement, cas unique, renoncent au massacre.Les troupes américaines libèrent le camp le dimanche 6 mai 1945 : Ebensee a donc été le dernier à être délivré. Dans un rapport établi le 16 mai, les Alliés signalent qu'à Ebensee 350 personnes meurent par jour, qu'il y a à cette date 9 742 déportés dont 968 Français, et 1944 malades dont 234 Français. Il existe, en outre, deux camps complémentaires, l'un contenant 4 000 Russes et l'autre 2 000 Polonais.10 000 déportés y auraient trouvé la mort.GusenCamp annexe de Mauthausen, Gusen se trouve à environ 6 kilomètres du camp principal. Théoriquement indépendant jusqu'en 1944, il est alors entièrement placé sous l'autorité de Ziereis. C'est le 26 mai 1940 qu'arrive à Gusen le premier convoi de déportés, en provenance du KZ de Dachau, essentiellement composé de Polonais. Il semble bien que Mauthausen ait été chargé à l'origine de recevoir les Polonais. Michel de Bouard observe que les 500 premiers morts de Gusen sont tous Polonais, sauf 4. Le KZ est entouré de murailles construites avec des moellons de granit provenant des carrières voisines et de barbelés électrifiés. Il est édifié sur une colline assez raide.Le granit extrait des carrières de Gusen est de meilleure qualité que celui de Mauthausen. La carrière principale est située à flanc de coteau, derrière le camp. Elle est à trois niveaux, un escalier grossièrement taillé reliant entre eux le second et le troisième niveau. Une carrière plus petite est située à l'est du camp. En 1941 est construit le plus grand concasseur de pierres d'Autriche, fournissant des dalles de plusieurs calibres. Sur ce site de Gusen 1 s'installent les grands ateliers Steyr produisant des pièces pour les mitrailleuses, ainsi qu'une usine Messerschmitt assemblant des fuselages d'avions. Derrière les carrières, quatre vastes tunnels souterrains, avec deux ramifications, sont creusés dans la colline, dans la zone dite " Gusen II ". Les déportés sont français, italiens et juifs. Le travail est exténuant et provoque des milliers de morts. Ces vastes souterrains devaient abriter les ateliers de l'usine d'aviation Messerschmitt. Le premier convoi de déportés arrive à Gusen II en 1944. Les nazis commencent à Gusen II l'édification d'un véritable KZ. Là sont internés un nombre important de Français, de juifs hongrois et de Polonais après l'insurrection de Varsovie.À 3 kilomètres de là, en direction de Linz, commence en 1944 la construction d'une vaste usine souterraine dans la zone nommée " Gusen III ". Elle ne sera pas terminée en mai 1945. À Gusen sont pratiquées des expériences médicales, notamment des injections de divers liquides dans le coeur, ainsi que des interventions chirurgicales sans anesthésie. On a vu qu'un camion à gaz effectuait des rotations entre Mauthausen et Gusen. Les atrocités, à Gusen, sont semblables à celles pratiquées dans les autres KZ. Empruntons un exemple à Evelyn Le Chêne :« Une fois pendant l'été 1944, écrit-elle, on emmena un groupe de détenus derrière le crématoire et on leur ordonna de se dévêtir et de ranger leurs vêtements en piles. Après que les premières victimes eurent été fusillées, ceux qui leur succédaient devaient déplacer les corps de leurs camarades et les mettre de côté pour pouvoir se mettre eux?mêmes devant le mur d'exécution. »D'après le même auteur, citant un ouvrage polonais publié par le ministère de la Guerre de ce pays, le nombre des décès pour Gusen 1 et Gusen II aurait été de 1 469 en 1940, 5 793 en 1941, 6 088 en 1942, 5 225 en 1943, 4 789 en 1944 et 10 700 en 1945 auxquels s'ajoutent 1 042 déportés dans le mois qui a suivi la libération, ainsi que 1 132 gazés à Hartheim, 1 900 invalides gazés à Mauthausen et 315 Polonais exécutés à leur arrivée de Varsovie, soit un total de 38 453 morts.MelkÀ 80 kilomètres à l'est de Mauthausen est installé, à partir du 11 janvier 1944, un nouveau camp annexe de Mauthausen. Le site est dominé par une magnifique abbaye édifiée sur un éperon rocheux, construite jadis pour les membres de l'aristocratie autrichienne désirant entrer dans les ordres. À la différence de Mauthausen, Gusen et Ebensee, le camp de Melk est édifié dans le périmètre d'une vaste installation militaire de la Wehrmacht. Les cantonnements des déportés et ceux des soldats se font face. Là encore, il s'agit de creuser des galeries souterraines afin d'y installer des ateliers de fabrication d'armement, à l'abri des raids aériens. Les déportés sont transportés sur place par voie ferrée et par autocars. Ici, pas de granit: les montagnes sont constituées de quartz friable. Si bien que des centaines de détenus seront ensevelis sous des avalanches de sable. Cette main-d'œuvre est fournie à la firme Quartz GmbH.Les détenus de Melk ne connaissent pas un sort meilleur que dans les autres camps annexes de Mauthausen. La nourriture semble y avoir été particulièrement insuffisante: pendant trois mois, les hommes d'un kommando n'ont mangé que des soupes de feuilles de betteraves et 250 grammes de pain par jour. Comme partout, les juifs subissent des châtiments particuliers. C'est ainsi que le capitaine Edward Zeff, juif britannique capturé à Lyon comme radio du réseau Buckmaster , reçut dès son arrivée 50 coups de fouet et fut promis à un châtiment exemplaire. Grâce à la solidarité de ses compagnons d'infortune, il est caché puis réexpédié au camp central, c'est l'unique juif que les Américains trouvent à Mauthausen quand ils libèrent le KZ.Un vaste four crématoire est construit à Melk, ainsi qu'une chambre à gaz perfectionnée, beaucoup plus importante que celle du camp central. Comme le nombre des internés à Melk n'a jamais dépassé 8 000 en même temps, il est probable qu'il devait devenir, dans les projets des nazis, un camp d'extermination. Pendant l'été 1944, les Alliés bombardent les installations: 400 déportés et 7 SS sont tués.Les registres indiquent que, le 20 avril 1945, le nombre d'internés à Melk est de 8 343 et que 5 839 détenus ont quitté Melk le 14 avril pour Ebensee.LA FINDans les derniers mois de la guerre, les conditions d'existence au KZ et dans ses camps annexes se modifient du fait de l'afflux d'évacués provenant d'autres KZ : Auschwitz, Gross-Rosen, Sachsenhausen et Ravensbrück. La ration alimentaire diminue encore: le dernier mois, chaque déporté ne reçoit quotidiennement que 100 grammes de pain et de l'eau chaude; au camp des malades, aucune nourriture n'est distribuée à différentes reprises.L'article de Michel de Bouard permet de suivre l'action de l'organisation clandestine du camp, dont il est l'un des responsables:« Dès 1944, relate-t-il, le principe et la préparation lointaine d'une action militaire avaient été envisagés; mais c'est en février 1945 que prit corps l'organisation de combat des Häftlinge. À cette date, les comités nationaux et le Comité international avaient, très efficacement, préparé le terrain. Chacun d'eux fut alors doublé d'un groupe de commandement militaire. Les hommes les plus valides et les plus sûrs furent groupés en petites unités de combat et instruits de la tâche qui leur était dévolue. Quelques pistolets et grenades à main avaient été soustraits du magasin d'armes des SS par des détenus espagnols. D'autres Espagnols, travaillant au garage, avaient fabriqué la clef d'un meuble qu'ils savaient contenir des armes et des munitions. Trois plans d'opérations furent élaborés... »Dans les derniers jours d'avril, les SS se retirent et Ziereis transmet le commandement du KZ au capitaine Kern de la Schutzpolizei de Vienne. Le Comité international délègue vers celui-ci le docteur Durmeyer et Hans Marsalek. Kern accepte que le Comité international administre le camp intérieur. Le 5 mai, le Comité international tient sa première réunion non clandestine sous la présidence du docteur Durmeyer. Il décide que les groupes de combat, sous le commandement du colonel autrichien Codré et du major soviétique Pirogov, occupent le village de Mauthausen et se mettent à la recherche des SS en fuite. Le bourgmestre nazi de la commune est remplacé par un antifasciste.Le 7 mai au matin, l'armée américaine prend possession du camp. Celui-ci n'avait pas été signalé à la 11e division opérant dans le secteur et rien n'avait été prévu pour améliorer le sort des détenus au moment de la libération. Plus de 700 cadavres entassés dans les allées attendent l'incinération...ConclusionD'après Michel de Bouard, le 11 mai 1945 le camp central comptait encore 15 211 déportés dont 2 079 femmes. Le 7 juin, tous les Français, Belges, Luxembourgeois, Hollandais et Soviétiques ayant été rapatriés, il reste à Mauthausen 5 200 déportés dont 850 femmes; 1 621 sont malades.320 000 détenus avaient été immatriculés à Mauthausen et dans ses annexes. Le chiffre officiel des morts est de 122 767. Pour les raisons évoquées (Aktion Kugel, euthanasie, gazages, etc.), plus de 70 000 victimes n'ayant pas été enregistrées, le nombre total des victimes doit approcher de 200 000.Un monument a été érigé au cimetière du Père-Lachaise à Paris pour rappeler la mort de 8 203 Français à Mauthausen.
Les camps nazis où vécurent l'enfer nos indigènes résistants déportés:03 Dora en Allemagne de 1940-1945
DoraSitué au centre de l'Allemagne en Thuringe, le camps de Dora est un kommando du camp de Buchenwald crée le 28 août 1943.Plus de 60000 détenus sont passés par ce camp, 10 000 à 20 000 y sont morts.Dora abritait des usines souterraines d'armement produisant les fusées V2 (dont la technologie sera réutilisée dans les années 60 pour la conquête spatiale).Les conditions de vie à Dora :Les conditions de vie à Dora étaient extrêmement dures : dans un premier temps les déportés ont été contraints de construire eux-mêmes les deux tunnels destinés à abriter l'usine (pour la protéger des bombardements). Ils sont alors logés dans le tunnel dans des conditions très précaires, la mortalité atteint alors 35 %. C'est seulement à partir de du début 1944 que les baraquements furent construits. Malgré cette amélioration, les conditions demeurent rudes : les détenus sont entassés dans des baraques sans confort, l'hygiène est déplorable et surtout la nourriture insuffisante. Les appels interminables, dans le froid ou des opérations intempestives de désinfection (qui exposent les détenus nus au froid) achèvent d'épuiser les organismes.Le travail :Les fusées produites par le camp de Dora sont pour Hitler d'une importance stratégique, en effet à partir de 1943 l'armée allemande est en difficulté sur les différents fronts et l'élaboration d'une arme sophistiquée comme le V2 devient une nécessité vitale.Le travail au sein de l'usine de Dora ne s'arrête donc jamais : deux équipe d'ouvriers se relaient jour et nuit dans le tunnel. La durée du travail est de 12 heures mais elle a parfois atteint 14 voire 18 heures journalières. Les déportés étaient affectés soit à des travaux non qualifiés (terrassement, manutention…) soit à des tâches nécessitant une spécialité (électricien, ajusteur…). Des civils allemands travaillaient à leurs côtés.Les sévices et La mort :La mortalité à Dora est particulièrement forte au début du fonctionnement du camp entre l'été 1943 et le printemps 1944, elle décroît ensuite jusqu'à l'automne 1944 puis augmente à nouveau considérablement en raison de l'arrivée massive de malades des camps annexes de Dora et avec le début de l'évacuation des camps situés plus à l'est. Au printemps 1945, les cadavres sont si nombreux que le four crématoire du camp ne peut suffire et que d'immense bûchers sont dressés à l'intérieur du camp.Hantés par la peur du sabotage (qui est effectivement une réalité dans l'usine) les Allemands engagent une répression féroce contre les détenus soviétiques surtout. Les pendaisons de groupe sont fréquentes et génèrent un climat de terreur parmi les détenus.Les V2 :Ce sont des fusées d'environ 14 mètres de long, extrêmement rapide (5000 km/heure) pouvant voler à une altitude de 50 km et dotées d'une portée de 350 km. Elles permettent donc à partir de l'été 1944 de bombarder l'Angleterre depuis le continent.Les progrès technologiques réalisés pour leur mise au point serviront plus tard pour la conquête spatiale.
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Les camps nazis où vécurent l'enfer nos indigènes résistants déportés:02 Ravenscbruck en Allemagne de 1940-1945
Le camp de concentration pour femmes de RavensbrückC'est aux abords de l'ancien centre de cure au grand air mecklenbourgeois de Fürstenberg, dans le village prussien de Ravensbrück, que la SS fit construire à partir du mois de novembre 1938, en partie par des détenus du camp de concentration de Sachsenhausen, le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück, seul grand camp de concentration sur le territoire allemand destiné à la "détention préventive" des femmes. Les 1 000 premières détenues furent transférées au printemps 1939 du camp de Lichtenburg à celui de Ravensbrück, auquel un camp pour hommes fut accolé au mois d'avril 1941. Un camp de concentration pour adolescents fut construit à partir de l'été 1942 à proximité immédiate de Ravensbrück: Uckermark.Le camp pour femmes lui-même fut constamment agrandi, accueillant de plus en plus de baraques, ainsi qu'une "cour d'industrie" comprenant des centres de production pour les activités traditionnellement réservées aux femmes. L'entreprise Siemens & Halske fit construire aux abords du camp 20 halls de production, dans lesquels les détenues étaient contraintes de travailler. Au cours de la guerre, plus de 70 camps annexes vinrent s'agréger au "camp-mère" de Ravensbrück, répartis sur l'ensemble du Reich. Les femmes y étaient essentiellement exploitées au profit de l'industrie de guerre.Entre 1939 et 1945,132 000 femmes et enfants, 20 000 hommes et 1000 adolescentes du "camp de protection pour jeunes" d'Uckermark y furent enregistrés comme détenus. Les hommes et les femmes déportés à Ravensbrück provenaient de 40 nations différentes; parmi eux se trouvaient également des juifs et des Sinti et Roma. Des dizaines de milliers furent assassinés, moururent de faim, de maladies ou furent victimes des expérimentations médicales. Après la construction d'une chambre à gaz à la fin de l'année 1944, les SS firent gazer entre 5 000 et 6 000 détenus à Ravensbrück. En outre, de nombreuses femmes, surtout des juives, furent victimes de l'action spéciale "14 f 13 pour la destruction des vies inutiles" ou assassinées par injection de Phénol.Peu de temps avant la fin de la guerre, près de 7 000 détenues avaient pu être transportées en Suisse et en Suède, et ce grâce à l'aide de la Croix-Rouge Internationale, Suédoise et Danoise. Les SS entraînèrent sur les "routes de la mort" des dizaines de milliers de femmes restées dans le camp en direction du Nord-Ouest. Le 30 avril 1945, l'Armée Rouge libérait les quelques 3 000 malades laissées sur place. La libération ne put mettre un terme à la souffrance de tous, femmes, hommes et enfants; nombreux furent ceux qui moururent dans les semaines qui suivirent la libération. Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui encore, souffrent des séquelles de l'internement concentrationnaire.Le Mémorial de RavensbrückLe "Mémorial National de Ravensbrück", le plus petit des trois mémoriaux nationaux de la RDA (après Buchenwald et Sachsenhausen), fut inauguré le 12 septembre 1959. Les architectes du "collectif de Buchenwald" avaient décidé d'y intégrer une partie des anciennes installations du camp de concentration, tels le crématorium, le bâtiment cellulaire ainsi qu'un pan du mur d'enceinte de 4 mètres de haut, au pied duquel une grande fosse commune fut aménagée en champ de rosés. La sculpture en bronze de Will Lammert, "Tragende" (lit. "celle qui porte"), le symbole du Mémorial de Ravensbrück au bord du lac de Schwedt, est la pierre d'angle du mémorial.Le premier musée du camp fut installé en 1959-60 dans l'ancien bâtiment cellulaire - appelé par les détenus le "Bunker". Des centaines d'objets, dons d'anciennes détenues de Ravensbrück, y furent présentés au public. Au début des années 1980, la direction du mémorial décida de transformer le bâtiment cellulaire en "exposition des nations", offrant à chaque pays la possibilité de concevoir et d'aménager à son gré la salle qui lui était allouée. Des salles de recueillement personnalisées à la mémoire des déportés de 17 pays d'Europe ont ainsi pris forme, auxquelles vinrent s'ajouter d'autres salles de recueillement à la mémoire des prisonnières du 20 juillet 1944 (1991), des femmes juives (1992) et des Sinti et Roma (1995).L'ancienne "Commandanture" SS - réquisitionnée par les militaires soviétiques jusqu'en 1977 - fut aménagée en "musée du combat de la résistance antifasciste". On pouvait y voir à partir de 1984 l'exposition permanente centrale du mémorial, laquelle fut remplacée dans le cadre des travaux de réaménagement par les expositions "Ravensbrück, topographie et histoire du camp de concentration pour femmes" et "Femmes de Ravensbrück", inaugurées respectivement en 1993 et 1994.Après que les troupes de la CEI eurent quitté le site de l'ancien camp de concentration au mois de février 1994, on ouvrit au public l'entrée et la première rue du camp à l'occasion des cérémonies du 50e anniversaire de la libération. D'autres étapes vont suivre. L'objectif est de consolider et de sauvegarder le caractère historique des quelques édifices d'origine et de chercher d'autres vestiges, avec l'aide des survivants.Il est également prévu d'intégrer dans le mémorial trois maisons de l'ancien lotissement-SS. Le public pourra ainsi se représenter de façon très concrète le fonctionnement de l'ensemble de la structure de l'ancien camp de concentration pour femmes.Plan du mémorialZone accessible au public:1 "Commandanture": siège de l'appareil administratif du camp de concentration et du commandant SS du camp.2 Bâtiment cellulaire: prison du camp à l'intérieur du camp de concentration, utilisée par les SS pour les châtiments particulièrement cruels.3 Fours crématoires4 Mur des nations: pan de l'enceinte d'origine du camp, intégré en 1959 dans l'aménagement du mémorial. Les 20 noms de pays représentent symboliquement les nombreux détenus enfermés et assassinés dans le camp.5 Lit de roses: fosse commune où gisent des détenus assassinés par la SS - plaques commémoratives à la mémoire des victimes juives et des Sinti et Roma.6 Mémorial: sculpture "Tragende" (Iitt. celle qui porte) du sculpteur Will Lammert7 Entrée du camp8 Château d'eau/garages: château d'eau à l'usage exclusif du camp de concentration (installations en partie d'origine) / Garages - Utilisés aujourd'hui pour les expositions spéciales.9 Lotissement-SS: logement des gardiennes du camp10 Dépendances utilisées par les SS comme garages: aujourd'hui salles d'expositions et WC (avec WC pour handicapés).11 Fondations des dépendances utilisées comme salle d'eau et comme cuisine: salle d'eau des détenus reliée à des communs affectés au ravitaillement des détenus.12 Place du camp: dite "place d'appel" dans les documents SS - lieu où se déroulaient les redoutables appels punitifs.13 Emplacement de l'infirmerie: deux baraques pour les malades reliées entre elles, abritant les bureaux des médecins SS du camp et des soeurs supérieures nazies, les "salles de consultation" et les "salles d'attente" pour les détenus malades.14 Rue du camp n°l15 "Désinfection": communs affectés à des fonctions diverses.Zone encore non accessible au public:16 Cour d'industrie: ateliers SS.17 Couture: bâtiments de production comprenant 8 halls.18 Camp pour hommes: administrativement dépendant du camp de concentration pour femmes.19 Emplacement de la tente dressée à l'automne 1944 pour accueillir les juives hongroises et les Sinti et Roma.20 Siemens21 "Jugendschutzlager Uckermark"Missions du Mémorial de RavensbrückLe Mémorial de Ravensbrück à Fürstenberg/Havel fait partie depuis le mois de janvier 1993 de la Fondation des Mémoriaux du Land de Brandebourg. Sur le site même du plus grand des camps de concentration pour femmes construits sur le territoire du Reich allemand se combinent aujourd'hui activités de commémoration, de recherche et de formation politique et historique. Le Mémorial est un lieu du souvenir et de l'exhortation, mais aussi un lieu consacré à l'archivage, à la conservation et à la recherche, un lieu d'apprentissage actif et un lieu de rencontre.Expositions, visites guidées, exposés, films-vidéo et autres médias publics informent le visiteur sur l'histoire du camp de concentration pour femmes de Ravensbrück et sur le destin des femmes qui y furent déportées. Les principaux objectifs pédagogiques du Mémorial sont la coopération avec les écoles, l'encadrement des groupes scolaires et de jeunes, ainsi que la mise au point de méthodes de travail permettant la transmission du passé historique. En se penchant - pour les analyser de façon critique - sur les crimes nazis perpétrés en ce lieu, chacun devrait être amené à se poser la question de son propre engagement dans la société démocratique qui est la nôtre aujourd'hui.En 1992, une commission d'experts réunie par le gouvernement du Land fit de premières propositions pour le réaménagement du Mémorial de Ravensbrück, relatives entre autres à la conception des nouvelles expositions.
Les camps nazis où vécurent l'enfer nos indigènes résistants déportés:01Buchenwald en Allemagne de 1940-1945
Buchenwald.Pour que nos compatriotes Antillais et Autres Domiens ne puissent plus dire ,on ne savait pas!Nous livrons à leur réflexion ces faits vécus dans leur chair nos ainés Hommes et Femmes,Père et FILS.Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.Aller à : Navigation, rechercherMémorial de Buchenwald par Fritz CremerBuchenwald, 24 avril 1945Buchenwald, 16 avril 1945 - Ph. Jules RouardBuchenwald, 16 avril 1945 - Ph. Jules RouardBuchenwald fut un camp de concentration nazi créé sur la colline d'Ettersberg près de Weimar, Thuringe, Allemagne, en juillet 1937.Sommaire [masquer]1 Le camp national-socialiste : 1937-19451.1 La création du camp1.2 Les prisonniers1.2.1 Prisonniers allemands1.2.2 Prisonniers des pays occupés1.2.3 Prisonniers de haut rang1.3 L'organisation du camp1.3.1 L’administration SS1.3.2 La médecine au camp de Buchenwald1.3.3 Massacres et mortalité dans le camp1.3.4 Les expériences médicales1.3.5 Les usines et les commandos extérieurs1.4 La résistance et la libération2 Personnalités2.1 Quelques tortionnaires2.2 Détenus connus3 Après la libération3.1 Le camp spécial nº2 de Buchenwald4 Le chêne de Goethe5 Buchenwald (avril 1945) photographies de Jules Rouard6 Bibliographie7 Notes et références8 Liens externesLe camp national-socialiste : 1937-1945 [modifier]La création du camp [modifier]L'origine du camp de Buchenwald est la décision prise le 20 mai 1936, par Fritz Sauckel, représentant du Reich en Thuringe, et Theodor Eicke (Inspecteur) de déplacer le camp de concentration de Lichtenburg vers la Thuringe, "pour des raisons de sécurité". Comme celui de Sachsenhausen, près de Berlin, ce camp de Thuringe, prévu pour 8000 détenus, devra être un camp de concentration de type nouveau, combinant "de manière optimale" les intérêts organisationnels, politiques et économiques de la SS.Le site du camp n'est définitivement choisi que quatre mois plus tard : il s'agit de la colline de l'Ettersberg près de Weimar, ville symbole des classiques de la culture allemande Goethe, Schiller, Nietzsche... Le camp sera baptisé Buchenwald (Forêt de hêtres), officiellement KL Buchenwald bei Weimar[1] ; le nom d'Ettersberg, utilisé au départ, est abandonné parce que trop fortement associé à celui de Goethe.Les premières baraques sont construites sur le versant nord, entièrement boisé, d'une superficie de 190 hectares. Le 15 juillet 1937, 149 prisonniers qualifiés pour les travaux de construction sont amenés du camp de Sachsenhausen. Ils doivent défricher, installer les canalisations d’eau et poser les installations électriques, construire les routes et les chemins, les casernes, les casinos, un manège à cheval, les villas des SS... . Les conditions de travail, l'encadrement de triangles verts, "des criminels professionnels" et le manque d'équipement adéquat causent de nombreuses victimes. La clôture du camp des prisonniers est parcouru par un courant électrique de 380 volts ; la porte porte une inscription en fer forgé : Jedem das Seine ("A chacun son dû").Les prisonniers [modifier]Prisonniers allemands [modifier]Les prisonniers politiques et religieuxL'éventail des prisonniers politiques, qui portent un insigne rouge sur leur uniforme, est très large: sociaux-démocrates, communistes, syndicalistes, libéraux, démocrates, pacifistes, religieux catholiques et protestants, mais aussi des revendicateurs, des objecteurs de conscience, voire des membres du NSDAP. La durée de leur détention varie de quelques mois à plusieurs années pour ceux qui voient leur détention préventive prolongée en emprisonnement pour haute trahison ou pour les parlementaires (18 députés internés jusqu'en 1942).Le 1er juillet 1937 les politiques représentent 21 % des effectifs (1621 sur 7723 prisonniers). Les membres du Parti communiste d'Allemagne forment à cette date la majorité des prisonniers politiques.De 1938 à 1939? la majorité des internements est liée aux préparatifs de guerre. Ce sont alors des objecteurs de conscience qui sont internés, mais aussi d'anciens membres du KPD, du SPD, des syndicats et de partis du centre.Les Témoins de Jéhovah, qui par conviction religieuse, refusent d’accomplir le service militaire et de prêter serment de fidélité au régime sont aussi internés ; ils portent un insigne violet. Ils sont 477 en décembre 1938, entre 250 et 300 à partir de 1940.Les criminels professionnels (BV)Ce sont des personnes antérieurement condamnées à plusieurs reprises pour des actes criminels et détenues par prévention. Ils portent un insigne vert. A Buchenwald se trouvent parmi eux des criminels violents et dangereux qui marquent l'atmosphère du camp, particulièrement en 1937-1938 (Herbert Richter, par exemple). Ils perdent leur influence en 1941, les détenus politiques prenant le dessus.Les "réfractaires au travail" (ASR)Ce sont des hommes aptes au travail qui ont refusé à deux reprises une proposition d’emplois sans raisons valables ou qui ont accepté un emploi mais après une courte période ont démissionné sans motifs valables : mendiants, sans-abri, alcooliques, vagabonds. Les premiers internés de ce type entrent au camp de Buchenwald dans la dernière semaine de 1938 ; l'effectif s'accroît alors de 4000 nouveaux travailleurs forcés pour la construction du camp.Les JuifsParmi les 2378 hommes qui entrent à Buchenwald entre le 14 et le 19 juin 1938, 1256 sont juifs. L’Action-juin est la première arrestation massive de juifs en Allemagne et en Autriche, en liaison directe avec la politique d’émigration forcée des juifs de 1938.Les homosexuelsPour les nazis qui affirment que la reproduction est le seul but de la sexualité, l’homosexualité ne constitue pas seulement une atteinte à la normalité, mais surtout une menace biologique pour la Communauté du Peuple. En faible nombre (30 en 1938, 189 en 1944), ils restent isolés et bannis au sein de la communauté des prisonniers.Les RomsDes centaines d’entre eux sont amenés à Buchenwald à la suite des arrestations massives de juin 1938 et sont classés par les SS dans la catégorie ASR. Beaucoup meurent des violences quotidiennes et du travail forcé. Dès leur arrivée en juin 1938, ils sont publiquement fouettés ou maltraités. Un tiers d’entre eux meurt pendant l’hiver 1939-40. A partir de 1940, les SS les envoient au camp de Mauthausen pour les faire mourir dans la carrière.Les AutrichiensLes premiers prisonniers étrangers, quoique déportés en tant que Reichsdeutsche ("Allemands du Reich"), sont des Autrichiens amenés à Dachau en septembre 1938. Début octobre 1938, les prisonniers arrivent de la prison de Vienne, avec parmi eux des hauts fonctionnaires.Prisonniers des pays occupés [modifier]Le nombre des prisonniers de Buchenwald est multiplié par dix d’avril 1942 (environ 8400 prisonniers) à la fin septembre 1944. A partir de 1943? le camp est habité par deux grandes catégories de prisonniers: les travailleurs contraints d’Union Soviétique et de Pologne, et les prisonniers politiques de l’Europe occupée. Plus de la moitié des prisonniers de Buchenwald ont en décembre 1944 moins de vingt ans.Les prisonniers du Protectorat de Bohême-Moravie (1939)Fin septembre 1939, arrivent de Dachau 700 prisonniers provenant de Tchécoslovaquie occupée (la partie ouest, rebaptisée "Protectorat de Bohême-Moravie", la Slovaquie devenant indépendante). Les mesures répressives instaurées en 1942 après l’attentat réussi contre Reinhard Heydrich font passer le nombre de Tchèques de 600 à la mi-1943 à 5000 en octobre 1944. 773 des 7800 Tchèques internés mourront à Buchenwald.Les Polonais (1939)Plus de la moitié des 4514 Polonais internés à Buchenwald jusqu’à la fin 1941 sont arrêtés dès le début de l’occupation en septembre 1939. Beaucoup d’entre eux meurent lors des premiers mois, d’autres partent début mars 1940 pour Mauthausen. Considérés comme race inférieure ils sont tolérés tant qu’ils peuvent travailler. En avril 1944, ils sont 22120 (?).Les prisonniers de guerre (1940)Une place spéciale parmi les prisonniers étrangers est tenue par les prisonniers de guerre livrés par la Wehrmacht en vue d'exécution. Le 18 avril 1940, la Gestapo de Kassel livre 56 prêtres officiers polonais.Les Hollandais (1940), les Belges et les LuxembourgeoisA la déportation de 232 otages hollandais, dont 14 femmes conduites au camp de Ravensbrück les 21 et 22 juillet 1940, s'en ajoutent 124 autres jusqu’en octobre 1940 . Ils bénéficient de conditions de détention spéciales : ils sont isolés, peuvent recevoir des colis et ne travaillent pas.Suite à la mort d'un policier allemand, 400 hommes juifs de 25 à 30 ans de Rotterdam et Amsterdam sont déportés. 389 entrent à Buchenwald le 28 février 1941. Les conditions des juifs hollandais sont insupportables.Les premiers Luxembourgeois de Buchenwald sont 26 membres de la police volontaire qui en août (?) se sont refusés à combattre les partisans.L’augmentation du nombre d'internements de Belges et de Hollandais en 1944 tient avant tout à l’intensification des mesures de représailles de la police pour combattre la résistance. Le 15 novembre 1944 2354 Belges, 595 Hollandais et 82 Luxembourgeois se trouvent dans le camp.Les Yougoslaves et les Croates (été 1941)Dans les statistiques du camp, les SS font une différence entre les Yougoslaves et les Croates. Les premiers Yougoslaves arrivent durant l’été 1941. Ils restent isolés. Un transport de Flossenburg en octobre 1943 fait passer leur effectif à 759. A la mi-juin 1944, 575 Yougoslaves et 327 croates se trouvent à Buchenwald.Les prisonniers civils d’Union soviétique (1942)De la mi-1942 au début 1943, la Gestapo de Thuringe, Hesse, Saxe et Rhénanie interne 400 travailleurs forcés soviétiques. Ils sont particulièrement mal traités par les SS et subissent des privations de nourriture. Ils sont quasiment tous affectés au commando X, le commando chargé de la construction des usines d’armement du camp ou à la carrière. La mortalité est telle que les SS renoncent à enregistrer officiellement leur décès. Ils seront plus de 17 000 au total.Les Français (1943)Parmi les prisonniers de près de 30 pays, les Français constituent, au début de 1944, le groupe le plus important. Dès le 10 avril 1942, l’état-major militaire en France décide, sur un ordre d’Hitler, que „ pour chaque attentat, en plus de l’exécution de certaines personnes, 500 communistes et juifs seront à remettre au Reichsführer et chef de la police du Reich pour être déportés“. Internés à Compiègne, environ 50 000 personnes partent pour Auschwitz et à partir de 1943 pour d’autres camps, dont Buchenwald : tous ne sont pas communistes. De juin 1943 à août 1944 arrivent 10 convois transportant plus de 13000 prisonniers. Au total le nombre des Français déportés à Buchenwald est estimé à 25000. De plus, environ 1000 Français se trouvent dans des commandos extérieurs. Ils jouent un rôle significatif dans la résistance des prisonniers étrangers.Les Italiens (septembre 1943)Les premiers Italiens de Buchenwald arrivent de la prison de Sulmona près de Rome après le cessez-le-feu signé entre les Italiens et les alliés en septembre 1943. En 1944, ont lieu des transports de prisonniers politiques venant en particulier de la prison La Risiera à San Sabba près de Trieste. De juin à novembre 1944, les SS internent 1290 Italiens à Buchenwald. D’autres Italiens notamment ceux ayant participé à la guerre d’Espagne dans les Brigades internationales arrivent dans les transports de Compiègne. Environ un tiers des 3500 italiens déportés meurent à Buchenwald .Les étudiants norvégiens (novembre 1943)Le 30 novembre 1943, environ 1250 étudiants de l’université d’Oslo sont arrêtés et internés dans un camp en Norvège. Comme ils ont protesté contre la nazification de l’université, ils doivent servir d’exemple pour le programme de rééducation. 348 sont conduits à Buchenwald. En juillet 1944. le premier étudiant quitte Buchenwald, le dernier part en octobre. 17 d’entre eux sont morts.Les militaires alliés (août 1944)En août 1944, le commandement de la police de sécurité en France, ordonne de vider les prisons parisiennes et le camp de Compiègne des prisonniers alliés s’y trouvant. La majorité des prisonniers sont déportés le 20 août 1944 à Buchenwald. Parmi eux 167 pilotes abattus en France dont 82 américains, 48 Britanniques, 26 Canadiens, 9 australiens, 2 Néo-zélandais et 1 jamaïcain. Parmi les prisonniers qui arrivent le 17 août 1944 se trouvent aussi 37 membres des services secrets, arrêtés en France. Le Bureau central de la Sécurité du Reich ordonne pour eux „ un traitement spécial“. De début septembre à la mi octobre, 34 d’entre eux sont pendus dans la cave du crématorium. Seuls trois pourront être sauvés.Les policiers danois (septembre 1944)Les militaires allemands commencent à craindre la police danoise vers la fin de l’été 1944. Le 19 septembre 1944 à 11 heures les Allemands pénètrent avec violence dans les préfectures de police de tout le pays. Les policiers arrêtés sont envoyés à Neuengamme en octobre 1943 puis à Buchenwald (block 57 du petit camp). 60 meurent à Buchenwald.Les enfantsDans le camp, il y a des enfants dont la présence est officielle, des enfants polonais, car nés non-juifs dans les camps, des enfants déportés avec leurs parents venus des ghettos et des camps de travail, enfants qui arrivent avec les marches de la mort fin 1944-1945. Les «triangles rouges» qui appartiennent à la résistance politique, surtout communiste, du camp comme Walter Bartel, Wilhelm Hammann, Franz Leitner, Robert Siewert, Willi Bleicher, Vladimir Kholoptchev, Iakov Goftman, Piotr Avdeïenko et Gustav Schiller, ont supplanté les «triangles verts» et s’efforcent de protéger les enfants et les adolescents. Ils les rassemblent dans la baraque 8 et dans la 66 du petit camp, ou les dispersent dans les baraques des "politiques". A la libération un millier d'enfants est encore en vie.Prisonniers de haut rang [modifier]A Buchenwald, hors de l'enceinte du camp des déportés, se trouvaient des villas où une cinquantaine de personnalités, dont les Français Léon Blum et Georges Mandel, ont été internés dans des conditions très différentes de celles des déportés du camp de concentration.L'organisation du camp [modifier]L’administration SS [modifier]Section I, la Kommandantur du campBuchenwald a eu deux commandants (nommés par l’Inspection des camps de concentration) :Le SS-Standartführer Karl Koch, de juillet 1937 à décembre 1941,le SS-Oberführer Hermann Pister, de janvier 1942 à avril 1945.Ils sont tous deux issus de milieux sociaux modestes, ont eu des parcours scolaires moyens, ont été des combattants de la première guerre mondiale et sont devenus membres des SS avant 1933. Leurs commandements sont cependant très différents, non seulement en raison de leurs différences de caractère et de parcours au sein de la SS, mais aussi en raison des conditions générales qui transforment le camp de concentration en camp de travail. Cette évolution rend le brutal Karl Koch superflu et favorise le bureaucrate Pister.Koch a successivement eu 5 adjoints : Harting Block (1937), Johannes Wellershaus (1937), Hans Hüttig (1938-39), Hermann Hackmann (1939-40) et Heinz Büngeler (1941-42). Parmi eux, Hermann Hackmann a une réputation de SS particulièrement corrompu et dangereux. Il est condamné avec Koch en 1944 par un tribunal spécial pour vol aggravé de biens du Reich, et est exclu de la SS. Sous le règne de Koch, les Blockführer et Kommandoführer sans scrupules et corrompus ont une grande chance de promotion et n’ont rien à craindre si un prisonnier est mal traité ou exécuté "pendant une évasion".Après le départ de Büngeler, Pister n’aura qu’un adjoint: Hans Schmidt.Section II, la section politiqueL’annexe de la Gestapo dans le camp porte le nom de section politique (Politische Abteilung). Les policiers interrogent et torturent les prisonniers. Jusqu’en 1942, les SS mènent personnellement les interrogatoires, bien souvent par la violence. En plus de ses fonctions, elle surveille les activités politiques des prisonniers en se servant d’un réseau d’espions.De 1942 à 1945; le responsable est Walter Serno.Section III, la direction du camp d'isolement.La section III établit l’emploi du temps des prisonniers et obtient leur soumission absolue. Chaque jour commence et se termine par le long comptage qui a lieu sur la place d'appel, où la quasi totalité des prisonniers doivent être présents, jusqu'à ce qu’ait lieu l'enregistrement de l'effectif.Le premier Lagerführer, le SS le plus puissant après le commandant, règne sur le camp. Il nomme les prisonniers fonctionnaires, ordonne les contrôles des Blocks et dicte les mesures de terreur quotidienne. Les Führer successifs du camp d'isolement de Buchenwald sont décrits comme d'un caractère brutal et fantasque, parfois comme des ivrognes notoires. Parmi eux Jakob Weiseborn, Arthur Rödl, Hermann Florstedt et Hans Hüttig ont été plus tard nommés commandants d'autres camps de concentration.Comme dans d'autres camps, les SS recrutent parmi les prisonniers le personnel qui doit effectuer à leur place le travail routinier. Ils délèguent à certains prisonniers une partie du travail d'administration et d'intendance. Ainsi apparaît une classe de prisonniers fonctionnaires, qui en fonction de leurs compétences et de leur poste se répartissent en 3 groupes:Les prisonniers fonctionnaires responsables de groupes ayant un pouvoir de sanction : doyens de camp, doyens de Block, Kapos et contrôleurs ;Les prisonniers fonctionnaires travaillant dans les bureaux, les entrepôts, les cuisines et les infirmeries des prisonniers ;les prisonniers fonctionnaires accomplissant des travaux particuliers, artisans du camp, courrier, coiffeurs et hommes de corvées.Jusqu'en 1939, les Juifs sont exclus de toutes les fonctions. La nomination de doyens de "Block" juifs n'est due qu'à des considérations pratiques. Les autres catégories de prisonniers comme les Sintés et Roms, les homosexuels et la majorité des "asociaux" sont exclus systématiquement des fonctions importantes.Section III E, l'affectation au travail.Jusqu’au début de la guerre, environ 90% des prisonniers travaillent à la construction du camp. Sous le commandement de Koch, le travail des prisonniers est un instrument de terreur très prisé. La productivité et le zèle des prisonniers sont alors secondaires. Avec la fin de la première phase de construction, les réflexions sur l’exploitation économique du travail des prisonniers sont mises en avant. Le commando du "bureau du travail" (Arbeitsstatistik, où est affecté Jorge Semprún durant sa détention) est chargé de la comptabilité, de la facturation du travail effectué par les prisonniers, de la rédaction de rapports mensuels et de justificatifs. Dans ce commando, travaillent trois prisonniers en 1938, mais plus de 70 fin 1944.Section IV, l’administrationLe département IV que dirige successivement Mohr (1937), Karl Weichdorfer (1937-42) et Otto Barnewald, est responsable de l’approvisionnement des SS et du camp de concentration, en nourriture, eau, électricité, combustible, vêtements, équipement et de l’aménagement des casernes et des baraques. De lui dépendent les cuisines et les entrepôts du camp. Il participe à l’extorsion des biens des prisonniers, au détournement de fonds et au trafic de nourriture. A partir de 1940, la section s’occupe du prélèvement des dents en or. Le camp de Buchenwald expédie 383 grammes d’or en mars 1944, 504 grammes en avril.La médecine au camp de Buchenwald [modifier]Du temps de Karl Koch, les médecins du camp, qui sont responsables du suivi médical des membres de la SS et des prisonniers ainsi que de l’hygiène changent souvent. L’infirmerie des prisonniers, aussi appelée Revier, apparaît dans les premiers mois du camp comme lieu de soin pour les maladies simples. La construction d’une infirmerie avec plusieurs baraques et des salles d’opération résulte non pas d’un souci de la santé des prisonniers mais de la volonté des SS de ne plus être dépendants de l’hôpital de Weimar et de la clinique universitaire de Jena. La salle d’opération du Revier remplit toutes les conditions pour des opérations stériles, des stérilisations, des émasculations. L’agrandissement de l’infirmerie est favorisé par des épidémies et des arrivées de prisonniers. Du temps du commandant Koch, les prisonniers médecins n’ont pas le droit d’exercer dans l’hôpital.Suite à la surpopulation du camp en 1938, la première épidémie de typhus se déclare et conduit à une quarantaine générale d’une semaine. Un an plus tard, alors que le camp est de nouveau surpeuplé, une épidémie de dysenterie provoque de nombreux décès parmi les prisonniers.Les médecins du campWaldemar Hoven est le médecin du camp le plus longtemps en fonction à Buchenwald. Que les prisonniers écrivent la thèse qui le fera docteur en 1943, peu avant son arrestation, caractérise parfaitement bien sa carrière. Il participe aux expériences médicales, aux assassinats de malades, aux sélections pour l’extermination et se laisse corrompre par le commandant Koch et par les prisonniers.Aux côtés de Hoven, la majorité des médecins SS. participe aux crimes contre les prisonniers. Ainsi le docteur Werner Kirchert (1937-38) mène des "tests d’intelligence" et fait des demandes de stérilisation devant les tribunaux chargés des maladies héréditaires pour les prisonniers ne réussissant pas avec succès ces tests. Il contraint des homosexuels à se porter volontaires pour être émasculés.Sous le Dr Erwin Ding (1938-39) commencent des expériences sur la fièvre jaune à Buchenwald.Le Dr Hans Müller initie le découpage, le tannage et la réparation des peaux tatouées et ce dans une telle quantité que le docteur Hoven interdit, après le départ de celui-ci en 1942 que continue la fabrication de cadeaux en peau humaine.Le Dr Hanns Eisele, particulièrement dépourvu de scrupules envers les juifs, est surnommé par les prisonniers "docteur-seringues" ou "la mort blanche".Massacres et mortalité dans le camp [modifier]Massacre de 8000 prisonniers de guerre soviétiques.Le massacre, de l'été 1941 à l'été 1942, de prisonniers de guerre soviétiques dans les camps de concentration fait partie des crimes organisés par les nazis. Des commandos spéciaux de la police chargée de la sécurité (Sicherheitspolizei, SIPO ?) sont envoyés dans les camps de prisonniers pour "évacuer les éléments politiquement indésirables". Ils sont alors amenés dans des camps de concentration pour être exécutés. Une installation spécifique est aménagée à Buchenwald et à Sachsenhausen dans l'écurie où une pièce est aménagée en cabinet médical : le prisonnier, au moment où on fait semblant de le mesurer, est abattu d'une balle dans la nuque à travers un orifice percé dans la toise et derrière laquelle se trouvent un ou deux SS. Au moins 7000 personnes sont ainsi exécutées, parfois 400 en une nuit.Sélection et exécution des prisonniers "non-viables"L'extermination des prisonniers juifs et les handicapés inaptes au travail fait partie de l'action 14f13 qui débute en 1941. Au moins 571 prisonniers juifs de différentes nationalités sont envoyés pour être exterminés aux stations d'euthanasie de Bernburg et de Sonnnstein.Déportation et extermination des prisonniers juifsLe 19 janvier 1942, prend effet un ordre de l'inspecteur des camps de concentration, selon lequel les prisonniers juifs inaptes au travail se trouvant dans des camps de concentration doivent tous être envoyés au camp de Lublin. Le 8 octobre 1942, le commandant annonce 405 prisonniers juifs pour être transportés à Auschwitz.Livraison des prisonniers des prisons pour „l’extermination par le travail“Fin 1942 commence la livraison de 2300 "criminels" détenus préventivement à Buchenwald pour exécuter les travaux les plus durs : la moitié meurt.Déportations et internements pour exécutionPendant la guerre, le bureau central de la sécurité du Reich peut sans procès et sans condamnation à mort ordonner l’exécution de personnes détenues par la police ou modifier les décisions de justice. Cela concerne parfois des Polonais qui ont une relation avec une femme allemande. La majorité des exécutions n’a pas lieu devant les prisonniers mais dans le stand de tir près de la DAW, quelquefois aussi dans le chenil de la Kommandantur, le plus souvent dans la cour ou dans la cave du crématorium, où sont accrochés à cette fin comme dans un abattoir 48 crochets. Le SS-Kommandoführer Hermann Helbig reconnaîtra avoir pendu plus de 250 personnes. Eugen Kogon parle de 1100 hommes et femmes assassinés dans la cave.À l’automne 1944, les SS pendent 34 Français, Belges, Anglais et Canadiens, appartenant aux services secrets alliés. Sont aussi exécutés des officiers polonais en 1943. Enfin le député du Parlement et chef du parti communiste allemand Ernst Thälmann est abattu dans la nuit du 17 au 18 août 1944 dans la salle des fours crématoires.Convois de la mortLes SS ne se privent pas d’éliminer les malades et les faibles en les envoyant dans d’autres camps ou en les assassinant par injection de phénol, d’évipan ou d’air. La destination est d’abord le camp de Majdanek. Les 15 janvier et 6 février 1944, les SS y envoient 1888 malades et faibles de Dora. Des transports semblables partent entre 1943 et avril 1944 des camps de Dachau, Flossenbürg, Mauthausen, Neuengamme, Auschwitz, Ravensbrück et Sachsenhausen.Le mouroir du Petit campLa création de zones spéciales sert depuis 1938 avant tout à décharger le camp d’une surpopulation qui pourrait nuire à son fonctionnement. Au Petit camp de Buchenwald, les SS installent des écuries de la Wehrmacht de 40 mètres de long sur 10 de large, dans lesquelles se trouvent deux rangées de 3 ou 4 couches superposées. À partir de 1943, tous les déportés y subissent une période de quarantaine. Celle-ci dure de 4 à 6 semaines.De mai à septembre 1944, ils dressent 5 tentes militaires à l’intérieur du Petit camp. Ces 5 tentes restèrent les seuls abris possibles. 200 à 300 enfants, vieillards et malades y dormaient. Les autres devaient vivre autour par n’importe quel temps.En décembre 1944, les SS font construire 17 baraques dans le Petit camp et font enlever les tentes. De 1800 à 1900 prisonniers vivent dans 500 mètres carrés. En janvier 1945, 6000 prisonniers se trouvent dans le Petit camp. La faim, la saleté, des combats désespérés pour survivre, des maladies contagieuses règnent sur cet endroit. Une mortalité massive en est la conséquence. 5200 personnes environ meurent en cent jours.Les expériences médicales [modifier]En raison des épidémies de typhus qui se répandent dans les camps de prisonniers de guerre, les SS proposent de tester différents vaccins sur les déportés. Les expériences sont menées conjointement par la SS, la Wehrmacht, la société IG Farben et l'Institut Robert Koch au "Block" 46. Des vaccins contre la plupart des maladies contagieuses seront expérimentés. En 1943, le "Département de recherche sur le typhus et les virus" de l'Institut d'hygiène de la Waffen SS s'installe au Block 50.Lors d'une expérience sur le typhus, menée par la firme Hoechst, 21 prisonniers sur 39 meurent. Certains prisonniers "transmetteurs" sont utilisés pour maintenir les virus vivants à disposition. Leur sang est utilisé pour la contamination artificielle d'autres prisonniers. 35 séries d'expériences sont menées d'août 1942 à octobre 1943. La majorité concerne le typhus mais aussi les brûlures au gaz, la fièvre jaune, la résistance au vaccin contre le typhus, les paratyphus A et B, la diphtérie, différents poisons, l'efficacité des sérums sanguins conservés et traitements contre les brûlures. Avec le soutien d'Himmler, le Dr Carl Vaernet mène des expériences sur 5 homosexuels. Au moins un millier de prisonniers ont servi de cobayes aux SS, un nombre encore inconnu en meurt.La famine, des expérimentations médicales (voir Aribert Heim) et la dureté des conditions de travail firent mourir autour de 60 000 prisonniers.Les usines et les commandos extérieurs [modifier]Un certain nombre de prisonniers travaillaient dans les usines proches du camp : en particulier celles des entreprises Gustloff (fabrication d'armes), Mibau et DAW (Deutsche Ausrüstung Werke).Buchenwald a compté de nombreux "Kommandos" annexes dont Langenstein et Laura.Fin août 1943, le commando de Dora est créé à proximité de la ville de Nordhausen, à 80 km au nord. D'abord rattaché à Buchenwald, il devient un camp de concentration à part entière en octobre 1944 sous le nom de KZ-Mittelbau. Des milliers de Français y ont été déportés, dont plus de la moitié sont morts.La résistance et la libération [modifier]Le « Comité international clandestin » de Buchenwald, "ILK" voit le jour l'été 1943 suite à une réunion secrète. Le colonel Frédéric-Henri Manhès, déporté en 1943, et Marcel Paul, dirigeant communiste français, déporté à Auschwitz, puis à Buchenwald, y représentent le Comité de défense des intérêts français.Début avril 1945, les nazis tentent d'évacuer le camp alors que les troupes américaines approchent. Ils jettent des milliers de déportés sur les routes. Ce sont les "marches de la mort". Cependant, l'organisation clandestine du camp parvient à limiter le nombre des départs et à prendre le contrôle du camp sur les SS le 11 avril 1945, quelques heures avant l'arrivée des blindés américains.Les habitants de la ville voisine de Weimar, distante d'environ 5 km, sont réquisitionnés pour l'évacuation des corps de déportés, la plupart d'entre eux disant qu'ils ignoraient ce qu'il se passait alors à Buchenwald. Le commandement américain a souhaité que des notables de Weimar se rendent au camp, le 16 avril 1945 afin que chacun puisse constater l'horrible réalité du régime porté au pouvoir en 1933.Personnalités [modifier]Quelques tortionnaires [modifier]Commandant nazi du camp :Karl Otto Koch de 1937 à 1942 (avec sa femme Ilse Koch)Hermann Pister de 1942 à 1945Hans AumeierMedecin nazi du camp:Waldemar Hoven (1903-1945)Gerhard RosePersonnel nazi du camp :Hermann HackmannDétenus connus Antillais dans ce camp de concentrationRaphaël Elizé ,Boeuf Antoine,Valmy, Victor Avelin
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