samedi 28 mai 2011

affaire Hiaire Lefort

Dimanche 27 novembre 2005
REPRESSION ... En GUADELOUPE



( TRANSLATION for everybody )





Nous venons de recevoir cela :

Salut,
Voici donc un tract du Comité Contre le Racisme et l'Humiliation.
Ce comité guadeloupéen, regroupant des militants d'horizons variés, s'est constitué suite à l'affaire Lefort. Cet homme de 83 ans a été maltraité et humilié par des gendarmes à la suite d'une querelle de voisinage. Il apparaîtrait que son voisin avait certains liens avec des gendarmes. Pour plus de détails reportez-vous à la pièce jointe.

Portez-vous bien.
Deor

NON AUX VIOLENCES DES GENDARMES, RECLAMONS JUSTICE !

VENEZ NOMBREUX
- A LA REUNION D’INFORMATION, LUNDI 28 NOVEMBRE 2005 A LA SALLE REMY NAINSOUTA A POINTE A PITRE A 18H/30 !

- AU TRIBUNAL DE BASSE TERRE, MARDI 29 NOVEMBRE POUR SOUTENIR LA FAMILLE BAUDOIN !

- AU TRIBUNAL DE POINTE A PITRE LE JEUDI 1ER DECEMBRE A 8H POUR SOUTENIR FRITZ ET MATHIAS MATHIASIN QUI ONT PORTE PLAINTE CONTRE LES VIOLENCES DES GENDARMES !

Ci- dessous les circonstances de ces deux affaires


FRITZ ET MATHIAS MATHIASIN VIOLEMMENT AGRESSES PAR LES GENDARMES
Le 08 février 2005, mardi gras, au cours d’un entraînement à vélo avec mon neveu Mathias, j’ai fait en roulant une remarque à deux gendarmes mobiles qui au mépris des règles de la Sécurité Routière contrôlaient deux camions qu’ils avaient contraint à s’arrêter sur la piste réservée aux cyclistes dans la Commune du LAMENTIN. C’est peut-être une adéquation de ma vie professionnelle et celle de tous les jours qui m’a rendu soucieux du moindre écart pour ce qui concerne la circulation routière. Ces gendarmes ont dû interpréter cette remarque comme une atteinte à leur autorité. Ils m’ont alors lancé une injure à laquelle j’ai répondu. Se sentant vexés, les gendarmes ont abandonné les camionneurs qu’ils contrôlaient, nous ont poursuivi mon neveu Mathias et moi et l’un deux de sa moto m’a asséné un coup de matraque sur l’épaule et ensuite d’un coup de moto, nous a jeté tous les deux.
Profitant de ce que nous étions encore parterre, ils nous poussèrent de leur matraque et portèrent la main à leur arme en proférant des menaces.
Bref, blessés, violentés et humiliés, nous avons pu éviter le pire grâce aux nombreux Guadeloupéens de passage qui, indignés sont intervenus et nous ont aidé en organisant l’intervention des secours. Conduits à l’hôpital, nous avons reçu les soins nécessaires où les médecins nous ont délivré des ITT de 14 et 18 jours.
Cependant, j’estime que l’acharnement des gendarmes et leur violence n’ont pas de commune mesure avec les faits.
En effet, s’agit-il d’un cas de racisme avéré puisque les victimes sont toujours de la même couleur et la répression de l’autre ?
S’agit-il d’un comportement néo-coloniale qui attire encore ceux-là même qui sont mandatés pour appliquer les lois de la République qui se veut Libertaire, Egalitaire et fraternelle ?
Nous avons porté plainte à la Gendarmerie du LAMENTIN et nous sommes représenté par l’avocat maître Patrice TACITA ; Car nous tenons à ce que ces actes ne se reproduisent plus et les pratiques des uns et des autres évoluent à la mesure des idéaux nouveaux de ceux qui veulent bâtir le monde de demain sur les trois piliers qui sont : Liberté, Egalité et le Respect de l’Homme.
F. MATHIASIN


La famille Baudoin agressée a l’aube, sans raison par les forces dites de l’ordre

Lundi 13 juin, il est environ 6h du matin à la section Grande Savane de la commune de Petit-Bourg. Tout est calme jusqu’à ce qu’un convoi de gendarmerie arrive par la route. Rapidement c’est tout un commando - peut-être 60 gendarmes selon les témoins - qui débarque pour donner l’assaut à la maison où M. Claude BAUDOIN, dit Alfala, dort avec sa famille.
Les forces « de l’ordre » défoncent les portes, un ultime coup de pied et les voilà dans la chambre de M. et Mme BAUDOIN, qu’ils réveillent et immobilisent dans leur lit, en les menaçant de leurs armes : « Ne bougez pas ! ». Alerté par le bruit, leur fils Gervais, 21 ans, s’approche d’un gendarme en embuscade près de la porte de derrière. « Que se passe-t-il ? ». Le jeune homme est battu, plaqué au sol, un pied sur la nuque. « Je ne suis pas un chien ! » crie-t-il. Pour toute réponse, il reçoit un coup de poing qui lui casse une dent et en déchausse trois autres. Le frère de Gervais, Christophe, 22 ans, est appréhendé à son tour. Lorsque leur père cherche à savoir ce qu’on leur reproche on lui répond : « Taisez-vous ! ». Ses deux enfants sont embarqués sans ménagement pour la gendarmerie de Grand Camp où on « découvrira »… qu’il n’y a rien à leur reprocher ! Gervais s’entendra alors dire : « Si vous ne portez pas plainte, on vous relâche tout de suite ». Mais qui va payer pour ses quatre dents perdues à 21 ans ? Qui va payer pour les dégâts dans la maison ? Qui va payer pour l’humiliation et le cauchemar de ce lundi 13 juin 2005 ?
En réalité, pour donner le change les gendarmes avaient exhumé un vieux fusil rouillé se trouvant sous un matelas dans une pièce de la maison. Ils utiliseront l’argument ridicule de détention d’arme prohibée pour masquer leur intervention brutale. C’est sous ce chef d’accusation que Christophe Baudoin doit comparaître le 29 au tribunal.
La vérité c’est qu’en Guadeloupe, un gendarme armé jusqu’aux dents, blanc, et accompagné de 60 collègues, n’a pas besoin de s’embarrasser du respect, de la dignité, ni même de la loi. La vérité c’est que c’est que c’est la cinquième fois au moins en un peu plus d’un an que des citoyens ordinaires et respectés sont violemment agressés par les « forces de l’ordre » : M. Selbonne, photographe à France Antilles, M. Lefort, 83 ans, cadre retraité de la DDE, M. Fritz Mathiasin, employé de la DDE et ancien footballeur bien connu, ainsi que son neveu Mathias. La vérité c’est que les forces de l’ordre sont encouragées à se comporter comme des cow-boys. Deux rapports indépendants, publiés en avril l’un par Amnesty International, l’autre remis à l’Assemblée nationale, signalent que les violences policières sont en augmentation alarmante dans toute la France, depuis des années.
La différence entre la France et la Guadeloupe, c’est qu’en France certains citoyens peuvent encore croire que ces comportements sont réservés « aux jeunes des quartiers » comme on dit. Ici, en Guadeloupe, les faits nous prouvent que personne, absolument personne n’est à l’abri.
Depuis, La famille Caroupanin à Dubédou St-François a été agressée de la même façon le mardi 13 septembre dernier à 6h du matin, avant que les policiers reconnaissent qu’il s’agissait d’une erreur et que le dealer de drogue recherché habitait ailleurs. Ils ont toutefois laissé une famille en état de choc. Il faut que cela cesse !
C’est la raison pour laquelle, dès le mois de janvier dernier, s’est constitué un Comité de soutien destiné à lutter contre ces exactions. MM. LEFORT, MATHIASIN, BAUDOIN, CAROUPANIN ne sont probablement pas les seules victimes guadeloupéennes de ces violences, mais ils ont eu le courage de porter plainte ! Ce sont des exemples : soutenons-les jusqu’à ce que justice soit faite !
Comité contre le racisme et l’humiliation (soutien à M Lefort, F et M Mathiasin, Baudoin, Caroupanin.) 20 rue Alexandre Isaac.97170 Petit Bourg. Guadeloupe. Tel 0590.95.71.65 0690.42.45.62. Réunion ouverte à tous, tous les lundis à 18H/30



Et voici le texte :



Monsieur Hilaire LEFORT

Route de Bologne

97160 SAINT-CLAUDE


Maître Félix RODES

Avocat

97100 BASSE-TERRE


Affaire LEFORT/BABIN



Mémoire déclaratif des circonstances de dernières heures pour l’audience du 04 février 2005, du Tribunal correctionnel de BASSE-TERRE



Depuis novembre 2002, les relations de « bons voisinages » se sont altérées entre M. BABIN et moi, à cause de nos animaux domestiques réciproques, à savoir :

Les chiens de M. BABIN attirés par mes volatiles, ayant démoli, par grattage, le grillage de clôture pour s’introduire chez moi pour déverser leurs excréments ou attaquer mes coqs ou encore se retourner contre moi, les crocs menaçants en grognant.

Mes coqs, en raison de leurs chants trop matinaux, et persistants, paraît-il. Ce qui m’a valu une convocation devant le conciliateur de justice près du Tribunal de Grande Instance de BASSE-TERRE, le 16 décembre 2002, sur réquisition de M. BABIN Jean.


Sur injonction du conciliateur, M. RAMADE, il a été convenu que je déplace à l’autre extrémité de ma propriété, ma volière avec leurs volatiles et que M. BABIN procède à la consolidation de sa clôture aux endroits où passent ses chiens, le tout dans les meilleurs délais afin d’éviter tout nouveau conflit


Moins de 24 (vingt quatre ) heures après cette décision de justice, j’avais obtempéré pour respecter l’ordre intimé par le conciliateur, tandis que M. BABIN, plus de deux (2) ans après, n’a jamais rien consolidé ; la clôture reste flottante, non solidaire au béton et ses chiens ont procédé à d’autres ouvertures pour continuer à rentrer chez moi, à m’attaquer quand je les chasse ou à tuer mes poules.


A chacune de mes plaintes au près de M. BABIN, Mme BABIN me répond : "Je regrette, Monsieur, mes chiens sont attachés", alors que je les vois rentrer et sortir par les trous du grillage, tantôt directement vers les voisins, tantôt directement vers M. BABIN.


A quatre (4) reprises, j’ai alerté le conciliateur en lui demandant d’ordonner à M. BABIN de réparer la clôture par une consolidation bétonnée du grillage pour éviter la pénétration du chien chez moi. J’ai même écrit au conciliateur que : »à la prochaine violation de ma propriété, par un quelconque chien, je le tuerais.. . Rien n’y a fait. Il conviendrait, pour un bon éclairage de cette affaire, d’y joindre le dossier du conciliateur, car il constitue un contentieux non négligeable.


La situation ne s’étant pas améliorée, les chiens de M. BABIN m’ont égorgé 15 coqs et 3 poules enfermés dans leurs volières depuis la décision de justice du 16 décembre 2002.

Au cours d’une enquête de gendarmerie, j’ai fait constater, aux gendarmes, trois (3) de mes coqs égorgés. Avec un laxisme déconcertant, ils répondent qu’il faut prendre le nom du propriétaire incriminé pour leur permettre d’agir.


Le drame du lundi 3 janvier 2005 est la conséquence directe des tensions qui résultent de la non-exécution par M. BABIN des injonctions du conciliateur qu’il a discrédité ouvertement.


La justice n’est pas à sens unique. Elle est la même pour tous


C’est donc excédé par ce laxisme discriminatoire indéniable que le lundi 3 janvier, à la vue de ce chien, noir sans collier, s’attaquant encore une fois de plus à mes coqs attachés, j’ai perdu patience alors qu’il avançait sur moi en grognant, les crocs menaçants, j’ai été dans ma chambre prendre ma carabine. Ce chien étant toujours à même d’attaquer mes coqs, j’ai tiré dans sa direction. Le chien a crié en tournoyant puis a pris la fuite en passant dans un trou de la clôture du côté du voisin, au nord des BABIN. J’avais une cartouche au canon. J’ai remisé la carabine, après l’avoir chargée de deux cartouches, au cas ou d’autres chiens viendraient et je suis revenu au près de mes deux coqs toujours attachés, pour les calmer et les rentrer.

Quelques minutes plus tard(15 mn environ), M. BABIN Jean m’a interpellé en créole de l’autre côté de sa clôture dans sa cour en disant : « Vous avez tué mon chien, cet après midi vous êtes mort, je vous tuerai ! ». Je certifie, sur la foi du serment, avoir vu un pistolet dans sa main droite, pointé vers moi. Comme je n’étais pas armé, je me suis vite déplacé et camouflé en me souvenant que chez le conciliateur il m’avait déjà menacé de me tuer si je touche à son enfant, d’une part, et d’autre part, selon les dires de sa voisine de 75 ans, Mme RASPAIL Marie-Julie, domiciliée au 02, route de Bologne, il l’aurait menacée de la tuer, elle aussi et de la brûler ainsi que son chien et qu’il se considérait, en Guadeloupe, comme en 1635, que les forces de l’ordre sont ses amis, notamment les gendarmes…


Ces propos, on ne peut plus significatifs, du comportement agressif et esclavagiste du sieur BABIN, s’ils s’avèrent véritables suscitent à la défensive. Alors je me suis saisi de ma petite carabine pour me défendre en cas de besoin, et je me suis campé assis sur un banc dans mon garage. Surveillant les faits et gestes du sieur BABIN qui cherchait à me découvrir en se déplaçant comme un fauve, tantôt à gauche, tantôt à droite, pistolet en main pointé vers chez moi.

Une dizaine de minutes ensuite, j’ai vu arriver deux gendarmes devant ma barrière d’entrée cadenassée. Je me suis, tout de suite, dessaisi de la carabine en la mettant hors de portée, sous ma voiture qui était tout à côté de moi.


Les gendarmes ont escaladé ma barrière, me tenant en respect avec leurs pistolets et me criant : « Les mains derrière le dos ! . Je me suis croisé les bras sur la poitrine, sans bouger le corps.


Arrivés à ma hauteur, les canons pointés sur mes tempes, ils m’ont demandé : Où est le chien de M. BABIN que vous avez tué ? Dites-nous où est le chien. Vous échappez de peu à la mort !

J’ai répondu sereinement que le n’étais pas le gardien du chien de M. BABIN.


Ils m’ont alors soulevé de mon banc et m’ont violemment plaqué en avant, me tordant les deux bras, les épaules et les poignets. J’ai eu la douloureuse sensation qu’on me marchait sur les lombaires et la colonne vertébrale : puis ils m’ont passé les menottes aux poignets endoloris. J’avais extrêmement mal des sévices endurés. J’ai crié : « Vous me faites mal !

Je suis un handicapé cardiaque, malade. J’ai 83ans. C’est lâche de votre part. » Comme un leitmotiv ! Ils ont continué à me demander où était le chien, puis ils ont récupéré la carabine sous la voiture en me demandant où était le fusil qui a tué le chien et ont ajouté : « Vous avez échappé de peu à la mort ! ».


J’ai alors répondu que je ne parlerai qu’en présence de mon avocat.


C’est alors que sont arrivés d’autres gendarmes qui ont fait sauter le cadenas qui bloquait ma barrière d’entrée, puis ils ont fait entrer deux véhicules dans ma cour. Ils m’ont traîné jusqu’à l’une de ces voitures, puis à l’étage de ma maison, dans la cuisine où ils m’ont jeté littéralement par terre, fouillant partout, bousculant tout. Ils m’ont ensuite redescendu, sans que je puisse changer de tenue.

J’étais littéralement en loques, ayant mal partout, ne sachant que faire, que dire, le souffle coupé, ne pouvant me défendre. Après leur fouille du jardin, de la poubelle, ils m’ont conduit dans leurs bureaux de BASSE-TERRE. J’étais exténué et mon cœur malade me faisait souffrir, mais la fraîcheur nocturne m’avait revivifié. J’étais redevenu lucide et prêt à résister aux affrontements. J’étais redevenu muet et sourd à toutes leurs questions.


Un quidam s’est présenté en me disant qu’il était médecin et qu’il était venu me visiter. D’entrée il a mis les pieds dans le plat en me disant que c’était dommage pour moi d’avoir menacé avec un fusil. Ma réplique fut : « Vous êtes médecin ou justicier ? ».

Il me dit alors qu’il me donne cinq secondes pour répondre si oui ou non j’accepte d’être visité.

Il est reparti quand je lui ai dit que sa déontologie exigeait de lui un autre comportement moins arrogant.

Et mes geôliers de me dire : « Vous devinez où vous allez ? »

Un peu plus tard ils m’ont conduit vers un réduit nauséabond, puant la fosse sceptique à distance. Je ne m’imaginais pas que des êtres vivants pouvaient s’accommoder d’une telle ambiance et que des Français pouvaient supporter un tel environnement.



L’odeur de la merde qui se répandait m’empêchait de répondre. Ils m’obligèrent à me déshabiller, laissant chaussures et vêtements, conservant seulement mon slip, me laissant torse nu dans ces latrines humides et nauséabondes, où j’ai depuis ce moment, attrapé une toux pulmonaire incessante qui aggrave mon problème cardiaque.


L’intérieur une fosse sceptique à ciel ouvert et surmonté d’un grabat en béton recouvert d’un morceau de mousse.

Cette fosse puante doit être l’exutoire de toutes les déjections de la brigade dont la survie qu’on le veuille ou pas, conditionne le comportement des habitants des lieux.

J’ai vécu une nuit effroyable, mes poumons gonflés à éclater, rejetant en suffoquant, la merde inspirée, mon pauvre cœur malade, battant à s’arracher dans sa cage, mon cerveau en bouillie extirpé du crane, mes narines ne pouvant plus assurer leur pouvoir olfactif, mon foie littéralement liquéfié Je rassemblai le peu de force qui me restait et je n’ai pu m’empêcher de crier au plus fort que je pouvais : « Vive la France ». En écho, j’ai semblé percevoir la voix de Toussaint LOUVERTURE ainsi que celles de toutes les victimes innocentes du colonialisme français. Je n’ai pu m’empêcher de penser aux souffrances endurées par mes ancêtres esclaves ni m’empêcher de revoir les centaines de compatriotes tombés sous les balles françaises à Moule, sur la place de la Victoire et à la Darse de Pointe-à-Pitre ou encore au Champs d’Arbaud, à Basse-Terre et je me répétais, pris de hoquet : « C’est la France ! celle de Descartes, de Pétain ou de Chirac». De temps à autre, ma vision s’estompait, pour ensuite me faire sursauter, percevant toute la réalité de mon inconfort par les piqûres de moustiques aussi gros que des mouches, des vers de toutes couleurs, fuyant la fosse sceptique, grimpant les murs et retombant à mes cotés et je me répétais inlassablement : « C’est tout çà la France du 21ème siècle, pays dit des Droits de l’Homme, de liberté conditionnée selon que tu sois puissant ou misérable, blanc ou nègre. Honnêtement la Guadeloupe n’a pas besoin de cette France là. Nous sommes bien plus en avant ! ».


A bout de résistance, je tombais dans une léthargie complice pour sursauter encore : Allons vieille carcasse, courage, ne te laisse pas aller, l’ennemi en profitera, puis le hasard aidant, un pale rayon de soleil, comme pour me ragaillardir, filtrait sous la porte d’acier. De nouvelles épreuves t’attendent me dis-je, soit toujours toi-même en toutes circonstances, prépare-toi à les affronter avec dignité.


Un bruit de clefs et la porte s’ouvre. Mes geôliers me demandent de m’habiller.. Ankylosé et abruti et malade, je me préparais cependant à de nouvelles passes d’arme quand ils m’annoncèrent que j’étais convoqué au Tribunal correctionnel du 04 février 2005 où je m’attends au pire. A 83 ans, je peux crever.

Toutefois et quoi qu’il arrive, je souhaite que la protection de ma petite personne nègre soit assurée et garantie au même titre que celle de M. BABIN et de la survie de son chien. Car en « venant d’échapper à la mort », comme m’a dit un des gendarmes, il m’est difficile de comparer et d’assimiler mon maintien en vie à celui d’un chien agressif, prédateur impénitent, mis hors d’état de nuire chez moi, même si le cœur a ses raisons que la raison ignore.


H.S. LEFORT

...Cool...






Publié dans : Les ILES
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