jeudi 20 août 2009

Les camps nazis où vécurent l'enfer nos indigènes résistants déportés:02 Ravenscbruck en Allemagne de 1940-1945

Le camp de concentration pour femmes de RavensbrückC'est aux abords de l'ancien centre de cure au grand air mecklenbourgeois de Fürstenberg, dans le village prussien de Ravensbrück, que la SS fit construire à partir du mois de novembre 1938, en partie par des détenus du camp de concentration de Sachsenhausen, le camp de con­centration pour femmes de Ravensbrück, seul grand camp de concentration sur le territoire allemand destiné à la "détention préventive" des femmes. Les 1 000 premières détenues furent transférées au printemps 1939 du camp de Lichtenburg à celui de Ravensbrück, auquel un camp pour hom­mes fut accolé au mois d'avril 1941. Un camp de concentration pour ado­lescents fut construit à partir de l'été 1942 à proximité immédiate de Ravensbrück: Uckermark.Le camp pour femmes lui-même fut constamment agrandi, accueillant de plus en plus de baraques, ainsi qu'une "cour d'industrie" comprenant des centres de production pour les activités traditionnellement réservées aux femmes. L'entreprise Siemens & Halske fit construire aux abords du camp 20 halls de production, dans lesquels les détenues étaient contraintes de travailler. Au cours de la guerre, plus de 70 camps annexes vinrent s'agréger au "camp-mère" de Ravensbrück, répartis sur l'ensemble du Reich. Les femmes y étaient essentiellement exploitées au profit de l'industrie de guerre.Entre 1939 et 1945,132 000 femmes et enfants, 20 000 hommes et 1000 adolescentes du "camp de protection pour jeunes" d'Uckermark y furent enregistrés comme détenus. Les hommes et les femmes déportés à Ravensbrück provenaient de 40 nations différentes; parmi eux se trouvai­ent également des juifs et des Sinti et Roma. Des dizaines de milliers furent assassinés, moururent de faim, de maladies ou furent victimes des expérimentations médicales. Après la construction d'une chambre à gaz à la fin de l'année 1944, les SS firent gazer entre 5 000 et 6 000 détenus à Ravensbrück. En outre, de nombreuses femmes, surtout des juives, furent victimes de l'action spéciale "14 f 13 pour la destruction des vies inutiles" ou assassinées par injection de Phénol.Peu de temps avant la fin de la guerre, près de 7 000 détenues avaient pu être transportées en Suisse et en Suède, et ce grâce à l'aide de la Croix-Rouge Internationale, Suédoise et Danoise. Les SS entraînèrent sur les "routes de la mort" des dizaines de milliers de femmes restées dans le camp en direction du Nord-Ouest. Le 30 avril 1945, l'Armée Rouge libérait les quelques 3 000 malades laissées sur place. La libération ne put mettre un terme à la souffrance de tous, femmes, hommes et enfants; nombreux furent ceux qui moururent dans les semaines qui suivirent la libération. Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui encore, souffrent des séquelles de l'internement concentrationnaire.Le Mémorial de RavensbrückLe "Mémorial National de Ravensbrück", le plus petit des trois mémoriaux nationaux de la RDA (après Buchenwald et Sachsenhausen), fut inauguré le 12 septembre 1959. Les architectes du "collectif de Buchenwald" avai­ent décidé d'y intégrer une partie des anciennes installations du camp de concentration, tels le crématorium, le bâtiment cellulaire ainsi qu'un pan du mur d'enceinte de 4 mètres de haut, au pied duquel une grande fosse commune fut aménagée en champ de rosés. La sculpture en bronze de Will Lammert, "Tragende" (lit. "celle qui porte"), le symbole du Mémorial de Ravensbrück au bord du lac de Schwedt, est la pierre d'angle du mémorial.Le premier musée du camp fut installé en 1959-60 dans l'ancien bâtiment cellulaire - appelé par les détenus le "Bunker". Des centaines d'objets, dons d'anciennes détenues de Ravensbrück, y furent présentés au public. Au début des années 1980, la direction du mémorial décida de transfor­mer le bâtiment cellulaire en "exposition des nations", offrant à chaque pays la possibilité de concevoir et d'aménager à son gré la salle qui lui était allouée. Des salles de recueillement personnalisées à la mémoire des déportés de 17 pays d'Europe ont ainsi pris forme, auxquelles vinrent s'ajouter d'autres salles de recueillement à la mémoire des prisonnières du 20 juillet 1944 (1991), des femmes juives (1992) et des Sinti et Roma (1995).L'ancienne "Commandanture" SS - réquisitionnée par les militaires soviétiques jusqu'en 1977 - fut aménagée en "musée du combat de la résis­tance antifasciste". On pouvait y voir à partir de 1984 l'exposition per­manente centrale du mémorial, laquelle fut remplacée dans le cadre des travaux de réaménagement par les expositions "Ravensbrück, topographie et histoire du camp de concentration pour femmes" et "Femmes de Ravensbrück", inaugurées respectivement en 1993 et 1994.Après que les troupes de la CEI eurent quitté le site de l'ancien camp de concentration au mois de février 1994, on ouvrit au public l'entrée et la première rue du camp à l'occasion des cérémonies du 50e anniversaire de la libération. D'autres étapes vont suivre. L'objectif est de consolider et de sauvegarder le caractère historique des quelques édifices d'origine et de chercher d'autres vestiges, avec l'aide des survivants.Il est également prévu d'intégrer dans le mémorial trois maisons de l'ancien lotissement-SS. Le public pourra ainsi se représenter de façon très concrète le fonctionnement de l'ensemble de la structure de l'ancien camp de concentration pour femmes.Plan du mémorialZone accessible au public:1 "Commandanture": siège de l'appareil administratif du camp de concen­tration et du commandant SS du camp.2 Bâtiment cellulaire: prison du camp à l'intérieur du camp de concentra­tion, utilisée par les SS pour les châtiments particulièrement cruels.3 Fours crématoires4 Mur des nations: pan de l'enceinte d'origine du camp, intégré en 1959 dans l'aménagement du mémorial. Les 20 noms de pays représentent symboliquement les nombreux détenus enfermés et assassinés dans le camp.5 Lit de roses: fosse commune où gisent des détenus assassinés par la SS - pla­ques commémoratives à la mémoire des victimes juives et des Sinti et Roma.6 Mémorial: sculpture "Tragende" (Iitt. celle qui porte) du sculpteur Will Lammert7 Entrée du camp8 Château d'eau/garages: château d'eau à l'usage exclusif du camp de con­centration (installations en partie d'origine) / Garages - Utilisés aujour­d'hui pour les expositions spéciales.9 Lotissement-SS: logement des gardiennes du camp10 Dépendances utilisées par les SS comme garages: aujourd'hui salles d'ex­positions et WC (avec WC pour handicapés).11 Fondations des dépendances utilisées comme salle d'eau et comme cuisine: salle d'eau des détenus reliée à des communs affectés au ravitaillement des détenus.12 Place du camp: dite "place d'appel" dans les documents SS - lieu où se déroulaient les redoutables appels punitifs.13 Emplacement de l'infirmerie: deux baraques pour les malades reliées en­tre elles, abritant les bureaux des médecins SS du camp et des soeurs supérieures nazies, les "salles de consultation" et les "salles d'attente" pour les détenus malades.14 Rue du camp n°l15 "Désinfection": communs affectés à des fonctions diverses.Zone encore non accessible au public:16 Cour d'industrie: ateliers SS.17 Couture: bâtiments de production comprenant 8 halls.18 Camp pour hommes: administrativement dépendant du camp de concentration pour femmes.19 Emplacement de la tente dressée à l'automne 1944 pour accueillir les juives hongroises et les Sinti et Roma.20 Siemens21 "Jugendschutzlager Uckermark"Missions du Mémorial de RavensbrückLe Mémorial de Ravensbrück à Fürstenberg/Havel fait partie depuis le mois de janvier 1993 de la Fondation des Mémoriaux du Land de Bran­debourg. Sur le site même du plus grand des camps de concentration pour femmes construits sur le territoire du Reich allemand se combinent aujourd'hui activités de commémoration, de recherche et de formation politique et historique. Le Mémorial est un lieu du souvenir et de l'exhor­tation, mais aussi un lieu consacré à l'archivage, à la conservation et à la recherche, un lieu d'apprentissage actif et un lieu de rencontre.Expositions, visites guidées, exposés, films-vidéo et autres médias publics informent le visiteur sur l'histoire du camp de concentration pour femmes de Ravensbrück et sur le destin des femmes qui y furent déportées. Les principaux objectifs pédagogiques du Mémorial sont la coopération avec les écoles, l'encadrement des groupes scolaires et de jeunes, ainsi que la mise au point de méthodes de travail permettant la transmission du passé historique. En se penchant - pour les analyser de façon critique - sur les crimes nazis perpétrés en ce lieu, chacun devrait être amené à se poser la question de son propre engagement dans la société démocratique qui est la nôtre aujourd'hui.En 1992, une commission d'experts réunie par le gouvernement du Land fit de premières propositions pour le réaménagement du Mémorial de Ravensbrück, relatives entre autres à la conception des nouvelles expositions.

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